Dans un scrutin aux enjeux nationaux, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a finalement conservé son siège de députée de la première circonscription du Loiret ce dimanche. Sa victoire face à la candidate du Rassemblement national, Tiffanie Rabault, lui permet de maintenir sa place au gouvernement, une condition qu’elle avait elle-même posée.
Les résultats officiels attribuent à la représentante de la majorité présidentielle plus de 62% des suffrages exprimés, contre près de 38% pour son adversaire d’extrême droite. Ce succès, qualifié de « net » par l’intéressée, tranche avec un contexte électoral marqué par une désaffection massive des électeurs. Près de sept électeurs sur dix se sont en effet abstenus, un niveau record qui a pesé sur la dynamique du vote.
Cette élection législative partielle, déclenchée par le refus du suppléant initial de Stéphanie Rist de siéger à sa place, avait été perçue comme un test personnel pour la ministre, en poste depuis l’automne dernier. Sa défaite aurait automatiquement entraîné son départ de l’exécutif. Le scrutin, parfois critiqué pour son coût, s’est ainsi transformé en référendum sur sa légitimité politique.
Dans sa déclaration de victoire, Stéphanie Rist a salué un résultat obtenu « dans un contexte difficile », tout en évoquant les dossiers brûlants qui l’attendent rue de Ségur. Elle a confirmé que sa nouvelle suppléante, Marie-Philippe Lubet, maire de Saint-Denis-en-Val, prendrait le relais à l’Assemblée nationale, lui permettant de se concentrer sur les tensions persistantes avec les professionnels de santé libéraux.
Ce duel était un remake de l’élection législative de 2024, où la même candidate RN avait été battue. Le premier tour, le 18 janvier, avait déjà placé Stéphanie Rist en tête, mais la forte abstention a cette fois empêché la qualification d’une candidate de gauche, resserrant la compétition autour d’un face-à-face déjà connu.
Ancienne rapporteure du budget de la Sécurité sociale et figure de la majorité dans le département, la ministre, de formation rhumatologue, conserve ainsi un ancrage territorial essentiel tout en gardant la main sur un ministère stratégique.