La candidate de La France Insoumise aux élections municipales de Paris devra répondre d’accusations d’escroquerie devant la justice au mois de mai, selon des informations confirmées par une source judiciaire. L’audience est fixée au 12 mai devant la 13e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, soit quelques semaines après la tenue du scrutin municipal.
Les faits reprochés remontent à l’été 2018. Il est allégué que l’élue aurait tenté d’obtenir indûment une somme avoisinant 67 000 euros au détriment de la société de production Le Média, en se présentant comme sa présidente alors qu’elle n’aurait plus détenu cette fonction légale. Les investigations mettent en lumière des démarches pour effectuer des virements bancaires qui n’ont finalement pas abouti, ainsi que la soustraction présumée de formules de chèques. L’affaire a été instruite par la section financière de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée.
La décision d’audiencer ce dossier a provoqué une réaction immédiate de l’intéressée et de son conseil juridique. Son avocat dénonce une « décision purement politique » du parquet, soulignant que cette procédure judiciaire est initiée après près de dix ans et en pleine période électorale. La candidate elle-même a vivement réagi, qualifiant cette procédure d’« éminemment politique » et affirmant qu’elle n’a pour objet que d’entacher sa campagne. Elle soutient qu’il s’agirait à l’origine d’un différend commercial entre sociétés, depuis résolu par un accord mutuel, et qu’aucune plainte ni préjudice ne serait aujourd’hui invoqué.
Cette affaire s’ajoute à un autre dossier judiciaire concernant la candidate, mise en examen à l’automne 2024 dans le cadre de l’examen des comptes de campagne présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon, pour des chefs incluant l’escroquerie aggravée. Elle rejette fermement l’ensemble de ces accusations.
Le calendrier judiciaire place ainsi ce procès dans le sillage immédiat des élections municipales, alimentant les débats sur l’interaction entre le timing des procédures judiciaires et le calendrier politique.