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Saint-Tropez dit adieu à son mythe, Brigitte Bardot

par Lionel Feuerstein
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Sous un soleil timide, le port de Saint-Tropez s’est figé ce mercredi matin. Le long des barrières, une foule disparate attendait en silence le passage d’un corbillard transportant un cercueil en osier. Ils étaient venus saluer Brigitte Bardot, l’enfant terrible devenue l’emblème absolu de cette presqu’île varoise.

Dès l’aube, les premiers admirateurs ont pris position. Certains ont parcouru des centaines de kilomètres, bravant la neige et le verglas, accompagnés parfois de leurs chiens, en un hommage instinctif à celle qui a voué sa vie à la cause animale. « Quand on aime, on ne compte pas », murmure une femme, les yeux levés vers le ciel.

Sur le quai, les visages racontent des histoires différentes. Une sexagénaire venue de Cannes évoque une jeunesse libérée, incarnée par les bikinis et les minijupes de BB. « Elle représentait l’émancipation », confie-t-elle. À ses côtés, un jeune homme de 21 ans salue avant tout « le mythe pour toutes les générations » et son engagement sans faille pour les bêtes. Des bouquets de mimosa, fleur emblématique du Sud, parsèment le sol.

La cérémonie, retransmise sur écrans géants, a mêlé les accents solennels de Maria Callas aux prières, le tout ponctué par les aboiements des nombreux animaux de compagnie présents. Sur la place des Lices, sous les platanes, une centaine de personnes ont suivi l’office. Certains brandissaient des drapeaux tricolores, d’autres des roses, en un mélange de recueillement et de fierté nationale.

Pourtant, l’hommage n’a pas été unanime. Un couple de Tropéziens de souche, tout en reconnaissant le rôle fondateur de Bardot dans l’image de la ville et de la femme, a évoqué à voix basse ses prises de position controversées. « Mélanger la cause animale et des opinions politiques, cela a peut-être desservi les deux », a estimé l’homme, observant une foule moins dense qu’escomptée.

L’après-midi, l’ambiance s’est faite plus légère sur l’esplanade du Près des Pêcheurs, face à la mer. Une guitare, tenue par un cofondateur des Gipsy Kings, a offert une note musicale inattendue. Des anecdotes personnelles sur « leur Brigitte » ont été partagées, tissant le portrait d’une voisine aussi célèbre qu’accessible.

En ultime geste, le cimetière marin, où l’inhumation s’était déroulée dans l’intimité familiale, a ouvert ses portes au public. La tombe, face à l’horizon, disparaissait déjà sous un amas de fleurs. Comme l’a résumé la maire de la commune devant une assistance émue : « Brigitte Bardot et Saint-Tropez, ça ne finira jamais. » Le mythe a rejoint la légende du lieu, pour un repos éternel bercé par le clapotis de la Méditerranée.

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