À Saint-Denis, la campagne pour les municipales de mars 2026 prend une tournure inédite, le débat public étant désormais traversé par la question du narcotrafic. Le maire sortant, Mathieu Hanotin, candidat à sa réélection, a exprimé publiquement ses inquiétudes quant à un phénomène troublant : selon lui, des réseaux de deal appelleraient à voter pour la liste de gauche radicale menée par Bally Bagayoko.
L’édile socialiste a tenu ces propos lors d’une réunion consacrée à la lutte contre le trafic de stupéfiants, en présence du militant écologiste Amine Kessaci. Il affirme que le programme porté par l’union LFI-PCF, qui prévoit notamment une réforme profonde de la police municipale, susciterait l’adhésion des acteurs de ce commerce illicite. Hanotin rapporte ainsi des échanges tendus sur le terrain, où des guetteurs n’hésiteraient pas à interpeller les agents municipaux en leur annonçant leur intention de voter pour l’opposition.
Le maire précise toutefois qu’il ne soupçonne pas ses adversaires politiques d’entretenir des liens avec ces réseaux. Il dénonce plutôt, selon ses termes, une forme d’irresponsabilité, estimant que la liste concurrente serait prête à capitaliser sur toute forme de mécontentement, y compris celui généré par sa propre politique de sécurité, sans en mesurer toutes les conséquences.
Cette polémique intervient dans un contexte local marqué par une transformation récente. Élu en 2020 après des décennies de gestion communiste, Mathieu Hanotin a fait de la police municipale un pilier de son action, renforçant significativement ses effectifs et ses prérogatives. Une politique qui divise : si la majorité la présente comme nécessaire pour lutter contre l’insécurité, l’opposition et certaines associations citoyennes la critiquent vivement, pointant du doigt des méthodes jugées brutales et plusieurs enquêtes en cours pour violences.
La réaction de Bally Bagayoko à ces accusations n’était pas connue dans l’immédiat. L’affaire jette une lumière crue sur les tensions qui animent la campagne dans cette ville populaire de Seine-Saint-Denis, où la question de la sécurité et des relations entre police et population s’annonce comme un enjeu électoral majeur.