accueil SociétéRoutiers bloqués par le verglas : l’attente interminable sur les routes de l’ouest

Routiers bloqués par le verglas : l’attente interminable sur les routes de l’ouest

par Lionel Feuerstein
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Une interdiction de circulation pour les poids lourds, maintenue ce mercredi dans plusieurs départements de l’ouest et du nord du pays, plonge les chauffeurs routiers dans une profonde frustration. Immobilisés sur le bas-côté, ils dénoncent des décisions qu’ils jugent incohérentes avec la réalité du terrain.

Près de Mondevert, en Ille-et-Vilaine, des dizaines de camions sont alignés sur plusieurs kilomètres, contraints de s’arrêter par les forces de l’ordre. La préfecture a institué une zone de stationnement forcé pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes sur cet axe. « Tout roulait normalement ce matin, il n’y avait pas de neige ici. Et d’un coup, tout est bloqué », témoigne un conducteur, à moins de trente kilomètres de son point de livraison.

Si la chaussée apparaît sèche par endroits, des plaques de verglas trahissent les récentes intempéries. Les autorités justifient ces mesures par la crainte d’un engorgement plus au sud, où les chutes de neige se poursuivent. Mais sur place, l’incertitude et l’exaspération grimpent d’heure en heure.

« On nous dit de nous arrêter, mais pour combien de temps ? On est complètement perdus », confie un routier depuis sa cabine, après avoir déjà subi plus de dix heures d’immobilisation deux jours auparavant. Pour tromper l’attente, les chauffeurs se raccrochent à leurs téléphones, aux appels familiaux ou à des séries.

La situation est très inégale selon la position dans la file. Certains, stationnés près d’une aire de services, peuvent au moins se restaurer et se dégourdir les jambes. D’autres, coincés en queue de convoi, sont bien plus isolés. Un chauffeur transportant des denrées surgelées vers la région parisienne doit laisser son moteur tourner en permanence, une cargaison déjà retardée par les précédents épisodes neigeux.

Face à des consignes perçues comme mouvantes, certains tentent de reprendre la route, au risque d’une contravention. « Un collègue est passé il y a peu sans être stoppé et il roule déjà en Mayenne, où l’alerte est finie ! Pourquoi nous, on reste ici ? », interpelle un jeune conducteur.

D’autres optent pour la prudence. Un chauffeur transportant des fruits et légumes évoque un « jeu du chat et de la souris » avec les contrôles, mais choisit finalement de marquer une pause réglementaire pour être en règle.

Parfois, la solidarité s’organise. Lundi soir, dans le Val-d’Oise, une trentaine de routiers coincés sur l’autoroute A16 ont ainsi reçu de la nourriture et des boissons chaudes, grâce à une initiative conjointe de gendarmes et d’un commerçant local. Un geste qui a réchauffé les corps et les esprits en plein froid.

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