La question peut surprendre. Pourtant, au-delà des excès de vitesse, une conduite anormalement lente peut également être sanctionnée par le Code de la route. Si le phénomène reste marginal, il n’en pose pas moins des questions de sécurité et de réglementation.
Le cadre légal existe bel et bien. L’article R413-19 du Code de la route stipule qu’aucun conducteur ne doit gêner la circulation en roulant, sans raison valable, à une allure anormalement réduite. En cas d’infraction, une contravention de deuxième classe, d’un montant de 35 euros, est encourue. La difficulté réside dans l’appréciation de cette lenteur excessive, le texte ne fixant pas de seuil minimal, sauf sur autoroute. Sur cette dernière, lorsque la circulation est fluide, il est interdit de circuler à moins de 80 km/h sur la voie de gauche.
Les cas de verbalisation pure pour lenteur excessive sont extrêmement rares en France. Ils relèvent généralement du constat immédiat par les forces de l’ordre, aucun radar n’étant conçu pour mesurer une vitesse trop basse. Ces situations sont souvent liées à d’autres infractions majeures, comme l’alcoolémie. Un exemple marquant remonte à une audience judiciaire à Saint-Brieuc, où l’extrême lenteur d’un véhicule, roulant à moins de 15 km/h sur une route limitée à 110 km/h, avait été un élément central dans une affaire tragique ayant coûté la vie à deux personnes.
La problématique touche souvent certains profils de conducteurs, notamment les personnes âgées dont les capacités peuvent être altérées. Un dispositif permet d’ailleurs de signaler à la préfecture un proche dont l’état de santé semble incompatible avec la conduite, une démarche présentée comme un geste de protection.
Un autre sujet connexe est celui des voitures sans permis, dont le nombre a fortement augmenté. Limitée à 45 km/h, leur présence sur des routes où la vitesse autorisée est de 80 ou 90 km/h crée des différences de vitesse potentiellement dangereuses. Bien qu’interdites sur autoroute, leur circulation sur le réseau secondaire est légale, malgré une mortalité en hausse et des appels à une réglementation plus stricte.
Ainsi, si l’excès de lenteur constitue une infraction, son application reste discrétionnaire et complexe à définir. L’enjeu fondamental demeure la sécurité : une vitesse inadaptée, qu’elle soit trop élevée ou trop faible, peut rompre l’harmonie du trafic et mettre des vies en péril.