L’association Mouv’Enfants a annoncé ce vendredi avoir porté plainte contre quatre nouveaux sites de commerce en ligne proposant à la vente des poupées sexuelles à l’effigie de mineurs. Ces signalements portent sur trois entreprises basées en France et une plateforme américaine.
Ces annonces surviennent dans un contexte de vigilance accrue depuis que des révélations ont mis en lumière la vente de tels objets sur de grandes places de marché internationales. L’association indique avoir effectué neuf signalements officiels ces derniers temps, dont cinq concernant des entités domiciliées sur le territoire français.
« Nous sommes tombés sur l’un des pires sites lors d’une simple recherche sur internet », a déclaré Arnaud Gallais, cofondateur de Mouv’Enfants. Il affirme que la navigation sur ces plateformes laissait apparaître des références explicites à la jeunesse, avec des modèles arborant des tenues d’écolière et des traits juvéniles.
La législation française est pourtant claire : elle prohibe strictement toute représentation sexualisée de mineurs, y compris sous forme fictive ou matérialisée par des objets. Récemment, un quinquagénaire a d’ailleurs été condamné à une peine de prison ferme avec bracelet électronique pour avoir acquis une poupée à l’apparence enfantine.
Les défenseurs des droits des enfants voient dans la traque de ces commerces une opportunité cruciale. « C’est une occasion rêvée d’identifier des individus dangereux », estime Arnaud Gallais, qui réclame une surveillance systématique d’internet, a minima par des outils d’intelligence artificielle, pour que ce travail de signalement ne repose plus uniquement sur les associations.
Des expertises judiciaires tendent à établir un lien inquiétant entre la possession de ces objets et le passage à l’acte. Dans environ la moitié des dossiers concernant des pédocriminels, l’acquisition de telles poupées aurait précédé des agressions sur des enfants, selon des avocats spécialisés.
Le ton est à l’exaspération parmi les activistes, qui dénoncent un manque de moyens alloués à la lutte contre ces réseaux. « Si des narcotrafiquants opéraient ainsi au grand jour, la réaction des forces de l’ordre serait immédiate. Pourquoi n’en est-il pas de même lorsqu’il s’agit de violences sexuelles sur mineurs ? », interroge le cofondateur de Mouv’Enfants, appelant à une volonté politique sans faille.
Les chiffres rappellent l’ampleur du fléau : chaque année, des centaines de milliers d’enfants seraient victimes de violences sexuelles en France, avec un taux de condamnation judiciaire qui reste dramatiquement faible. Dans ce combat, la suppression de ces représentations matérielles de l’abus est perçue comme une ligne de front supplémentaire et nécessaire.