Une récente mise à jour de la carte nationale d’exposition au phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), officialisée par le gouvernement, révèle une situation préoccupante. Désormais, près de 55% du territoire métropolitain, abritant environ 60% du parc de maisons individuelles, est classé en zone de risque moyen à élevé face à ce phénomène géologique.
Cette progression, qui représente une hausse de sept points en seulement cinq ans, souligne l’aggravation de l’exposition du bâti français. Le mécanisme est directement lié aux épisodes de sécheresse : les sols argileux se contractent en période de manque d’eau, puis se dilatent avec le retour des pluies. Ces mouvements répétés exercent des contraintes majeures sur les fondations des habitations.
Les conséquences pour les propriétaires sont souvent lourdes. Elles se manifestent par l’apparition de fissures sur les murs, des déformations structurelles et, dans les cas les plus sévères, peuvent rendre un logement impropre à l’habitation, nécessitant des travaux de réparation très coûteux.
Certaines régions sont particulièrement exposées, comme le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est. Au total, ce sont environ 12 millions de maisons individuelles qui sont désormais concernées par un niveau de risque significatif.
Face à cette extension des zones à risque, les règles de construction pour les maisons neuves dans les périmètres concernés seront étendues à compter du 1er juillet 2026. Cependant, le défi majeur reste le parc immobilier existant, construit avant l’entrée en vigueur de ces normes préventives.
Pour accompagner les propriétaires, un dispositif expérimental de fonds de prévention est actuellement testé dans onze départements. Ce fonds, pouvant atteindre 17 000 euros par foyer, vise à financer des diagnostics et des travaux préventifs. Un outil en ligne permet aux résidents des zones concernées de vérifier leur éligibilité à cette aide.