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Plaintes contre l’Ordre des médecins du Finistère pour inaction face à un prédateur condamné

par Sylvain Tronchet
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L’association L’Enfant Bleu a formé, ce lundi, trois recours disciplinaires visant d’anciens responsables de l’Ordre des médecins du Finistère. Ces derniers sont mis en cause pour ne pas avoir suspendu l’exercice de Joël Le Scouarnec, alors que ce chirurgien avait déjà été condamné pour détention d’images pédocriminelles. L’homme purge aujourd’hui une peine de vingt ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles commis sur près de trois cents patients, en très grande majorité des mineurs.

La question centrale est de savoir si ces instances ordinales ont manqué à leur devoir de protection du public. En 2005, Joël Le Scouarnec est condamné à une peine de prison avec sursis pour des faits liés à la pédocriminalité. L’information parvient à l’Ordre départemental du Finistère l’année suivante. Convoqué par ses pairs en novembre 2006, le praticien, qui opérait alors des adultes et des enfants, évoque lors de l’entretien des « sites porno enfants » et demande même la présence d’un tiers en consultation « pour le protéger ».

Pourtant, lors de la délibération du Conseil départemental en décembre 2006, la question de savoir si cette condamnation était contraire à la déontologie médicale reçoit une réponse négative, à une quasi-unanimité. Aucune mesure de suspension ou de contrôle n’est décidée. Le dossier est renvoyé vers les services de l’État, sans que ceux-ci ne soient, selon les plaintes, informés des détails préoccupants.

Pour les plaignants, cette décision équivaut à une « totale inertie » face à des signaux alarmants, alors que l’Ordre savait que le chirurgien recevait une importante clientèle mineure. Cette inaction aurait, selon l’avocat de l’association, garanti au médecin une forme d’impunité et contribué à la survenue de nouvelles agressions après 2006.

L’objectif de ces plaintes, déposées près de deux décennies après les faits, n’est pas nécessairement la radiation des médecins visés, mais plutôt un « éveil de conscience » institutionnel. Le collectif des victimes du chirurgien soutient cette démarche et appelle l’Ordre national des médecins à réexaminer ses procédures, notamment face aux risques de violences sexuelles.

L’Ordre des médecins du Finistère n’a pas réagi dans l’immédiat aux sollicitations concernant ces plaintes.

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