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Paris réforme son système d’affectation au lycée pour plus d’équité sociale

par Lionel Feuerstein
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Le paysage de l’orientation scolaire dans la capitale est sur le point d’évoluer. Dès la prochaine rentrée, les règles régissant l’entrée dans les lycées parisiens vont connaître des modifications substantielles, avec pour objectif affiché de renforcer la prise en compte des origines sociales des élèves.

Ces ajustements, annoncés par le rectorat de Paris, s’inscrivent dans le cadre des nouvelles modalités nationales de calcul pour l’obtention du Diplôme National du Brevet (DNB). Une évolution majeure concerne la méthode d’évaluation : le « socle de compétences » disparaît du calcul. Désormais, seules les notes obtenues tout au long de l’année de troisième seront prises en compte pour l’affectation en seconde générale et technologique. Ces notes ne seront plus converties en points ; c’est la moyenne annuelle de chaque discipline qui sera retenue.

Le changement le plus significatif réside dans le raffinement du critère social. Jusqu’à présent, les collèges étaient classés en trois groupes selon leur Indice de Positionnement Social (IPS), un indicateur qui reflète l’environnement socio-économique des élèves. Ce classement passe désormais à quatre catégories. L’objectif est d’instaurer un système « rééquilibré et plus progressif », selon les termes du rectorat.

Concrètement, cette nouvelle grille aboutira à une modulation des bonus attribués. Environ un cinquième des collèges, ceux aux IPS les plus élevés, ne recevront aucun bonus. Pour les 80% restants, le bonus sera compris entre 400 et 1200 points, répartis par paliers de 400, contre un bonus unique de 600 points auparavant. Cette gradation plus fine vise à mieux différencier les situations.

Le processus d’affectation dans les lycées publics parisiens continuera de reposer sur un barème unique, calculé pour chaque élève à partir de trois critères hiérarchisés : la sectorisation géographique, les résultats scolaires et les critères sociaux. Ces derniers incluent à la fois les quotas d’élèves boursiers par établissement et le nouveau bonus lié à l’IPS du collège d’origine.

Les autorités académiques se veulent rassurantes et mettent en avant les résultats de l’année 2025, où 90,9% des collégiens ont obtenu l’une de leurs trois premières demandes. Elles soulignent également une « réduction des écarts » d’IPS entre les différents lycées publics et une tendance à une « plus grande mixité scolaire » au sein de ces établissements, présentée comme le fruit des politiques engagées.

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