accueil SociétéNuit de la Solidarité : Trois visages de la précarité dans les rues de Paris

Nuit de la Solidarité : Trois visages de la précarité dans les rues de Paris

par Lionel Feuerstein
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Ce jeudi marque la neuvième édition de la Nuit de la Solidarité, une opération qui mobilise des milliers de volontaires pour aller à la rencontre des personnes sans domicile fixe en Île-de-France. Derrière les statistiques, il y a des visages et des parcours de vie. Trois d’entre eux ont accepté de raconter leur quotidien.

Samira, 53 ans, est une habituée du paysage d’un quartier du 12e arrondissement. Elle vit dans la rue depuis le printemps 2019. Son existence est rythmée par la débrouille et la solidarité discrète des commerçants et riverains, qui lui offrent parfois de la nourriture ou remplissent sa bouillotte d’eau chaude. La nuit, dans la tente qu’elle a aménagée avec soin, le sommeil est souvent troublé par la peur.

À quelques kilomètres de là, Levko, 31 ans, avance seul. Cet homme, originaire d’Ukraine et arrivé en France il y a près d’une décennie, erre depuis cinq ans sans trouver de point d’ancrage. Sa méfiance est un bouclier. « Je ne peux pas faire confiance », confie-t-il, évoquant une solitude qui le suit dans son perpétuel mouvement.

Plus âgé, Yao, 75 ans, originaire du Togo, passe ses nuits sur un matelas de fortune, entouré de cartons. Son récit est celui d’une résistance quotidienne, où les gestes les plus simples – se laver, manger, dormir – deviennent des défis permanents.

Ces témoignages, recueillis à la veille de la Nuit de la Solidarité, dessinent le portrait fragmenté d’une réalité souvent invisible. Ils rappellent que derrière le terme « sans-abri » se cachent des histoires individuelles de rupture, de survie et, parfois, de fragiles réseaux d’entraide.

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