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Neuf CRS condamnés pour des violences commises contre des manifestants réfugiés dans un fast-food

par Anaïs Hanquet
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Plus de sept ans après les faits, la justice a rendu son verdict. Neuf policiers des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) ont écopé ce mardi de peines de prison avec sursis, allant de six à vingt-quatre mois. Ils ont été reconnus coupables de violences volontaires aggravées lors d’une intervention controversée dans un établissement de restauration rapide parisien, en marge d’une manifestation du mouvement des « gilets jaunes ».

Les événements remontent au 1er décembre 2018. En fin d’après-midi, après des heures de tensions autour de l’Arc de Triomphe, plusieurs personnes cherchant à échapper aux gaz lacrymogènes se sont introduites dans un Burger King alors fermé, situé près de la place de l’Étoile. Quelques instants plus tard, des forces de l’ordre y pénètrent à leur tour et frappent les individus présents à coups de matraque et de pied, sans sommation préalable. La scène, d’une durée inférieure à trois minutes, a été captée sous plusieurs angles par des vidéos amateurs et des systèmes de surveillance.

Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Paris a estimé que l’usage de la force n’était ni nécessaire, ni proportionné. Le président a souligné que les manifestants, qui adoptaient un comportement pacifique, semblaient simplement chercher un abri pour reprendre leur souffle dans un contexte de grande confusion. Les policiers, pour leur part, ont expliqué lors des audiences avoir agi sous le coup de la fatigue et de la pression, persuadés à tort de faire face à des pilleurs. Ils ont également exprimé un sentiment d’isolement, pointant du doigt un manque de soutien de leur hiérarchie et de la Préfecture de Police.

Bien que reconnus pleinement responsables des préjudices subis par les victimes, les condamnés bénéficient d’une dispense d’inscription au casier judiciaire. La question de l’indemnisation des parties civiles a, quant à elle, été renvoyée devant la juridiction administrative, les fautes ayant été jugées non détachables du service. Les neuf agents, en poste au sein de la CRS 43 de Chalon-sur-Saône au moment des faits, n’étaient pas présents à l’audience pour l’énoncé de la décision.

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