Plus de sept ans après les faits, la justice a rendu son verdict. Neuf policiers des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) ont écopé ce mardi de peines de prison avec sursis, allant de six à vingt-quatre mois. Ils ont été reconnus coupables de violences volontaires aggravées lors d’une intervention controversée dans un établissement de restauration rapide en marge d’une manifestation des « gilets jaunes ».
Les événements se sont déroulés en début de soirée du 1er décembre 2018, alors que des tensions importantes marquaient la mobilisation autour de l’Arc de Triomphe. Des manifestants avaient cherché refuge à l’intérieur d’un Burger King fermé, situé près de la place de l’Étoile, pour échapper aux gaz lacrymogènes qui saturaient l’air extérieur. Les forces de l’ordre ont alors fait irruption dans les lieux.
Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que l’intervention ne répondait pas aux critères stricts de nécessité et de proportionnalité. Dans son jugement, il a relevé que les personnes présentes dans le fast-food adoptaient un comportement pacifique et semblaient simplement chercher un abri pour se ressaisir. L’assaut, qui n’a duré que deux minutes et trente-sept secondes, a été filmé sous plusieurs angles, fournissant des images déterminantes pour l’instruction.
Lors des audiences, les policiers mis en cause ont évoqué un contexte « insurrectionnel » après de longues heures d’affrontements. Ils ont expliqué avoir cru faire face à des pilleurs et ont fait part d’un sentiment d’abandon de leur hiérarchie, pointant du doigt la responsabilité de la Préfecture de Police de Paris. Ils ont également reconnu un manque de « lucidité » dans leur action.
Bien que déclarés pleinement responsables des préjudices subis par les victimes, les condamnations des neuf agents ne seront pas inscrites à leur casier judiciaire. Le tribunal s’est par ailleurs déclaré incompétent pour statuer sur les réparations civiles, renvoyant cette question devant la juridiction administrative. L’affaire, devenue emblématique des tensions lors du mouvement social, trouve ainsi un premier épilogue judiciaire.