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Limoges : Le congé menstruel détourné par des étudiants pour échapper aux cours

par Lionel Feuerstein
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Une mesure destinée à soulager les étudiantes souffrant de règles douloureuses fait l’objet de contournements inattendus à Limoges. Dans une école d’ingénieurs locale ayant instauré un congé menstruel expérimental, une cinquantaine d’étudiants masculins auraient utilisé ce dispositif pour justifier des absences en cours, selon des informations internes.

Mis en place à l’automne 2025, ce congé permettait initialement aux personnes menstruées de s’absenter jusqu’à dix jours par an sans justification médicale. Soucieuse d’inclusivité, notamment pour les personnes en transition, l’administration avait choisi d’élargir l’accès à tous les étudiants, fonctionnant sur la base de la confiance.

Cependant, les chiffres des trois premiers mois ont révélé des abus significatifs, représentant environ une centaine de jours d’absence non justifiés. Dans un environnement académique où l’assiduité est normalement stricte, cette utilisation a été perçue comme un détournement du système par certains enseignants, qui y voient un manque de respect envers l’esprit de la mesure.

Face à cette situation, la direction a réagi en adressant un rappel à la communauté étudiante. Un courrier officiel précise désormais sans ambiguïté que ce congé est réservé « aux personnes menstruées » et que toute utilisation frauduleuse pourra donner lieu à des sanctions. L’établissement tient à réaffirmer la nature spécifique du dispositif : il s’agit d’un « congé menstruel et non mensuel », visant à préserver son objectif premier de soutien aux étudiantes concernées par des douleurs cycliques.

Cette expérience limougeaude intervient alors que la question du congé menstruel gagne du terrain dans l’enseignement supérieur français, avec des modalités diverses selon les établissements. Le débat dépasse les frontières, comme en témoigne l’adoption d’un congé national en Espagne il y a trois ans. En France, certaines initiatives locales ont d’ailleurs fait l’objet de contentieux.

Les besoins semblent pourtant réels. Une vaste étude menée par l’Inserm indique qu’une large majorité de femmes en âge de procréer ressentent des douleurs lors de leurs règles, et pour 40 % d’entre elles, ces douleurs sont d’intensité modérée à sévère. L’enjeu pour les universités reste donc de concevoir des dispositifs solidaires qui, tout en étant inclusifs, ne soient pas vulnérables aux abus, afin de ne pas compromettre leur pérennité et leur utilité sociale.

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