Dans son spectacle « À jamais mon premier spectacle », l’artiste évoque pour la première fois une page sombre et fondatrice de sa vie : plus de trois mois passés derrière les barreaux d’une prison vénézuélienne au milieu des années 2000. Un épisode qu’il avait tenu caché à sa propre famille pendant près de deux décennies.
Alors qu’il se produit actuellement sur les planches du Théâtre Édouard VII à Paris, Redouane Bougheraba plonge le public dans le récit de cette détention survenue il y a une vingtaine d’années, suite à une affaire liée à des cartes bancaires. L’humoriste, aujourd’hui âgé de 47 ans, décrit avec franchise le choc de cette expérience.
Il se remémore une incarcération dans l’établissement pénitentiaire de Bom Futuro, sur l’île de Curaçao, où il partageait une cellule surpeuplée. Perçus comme des privilégiés en raison de leur nationalité française, lui et ses compagnons d’infortune furent rapidement dépouillés de leurs effets personnels. L’ambiance était violente, marquée par des agressions au couteau et une brutalité quotidienne qui le marquèrent à jamais.
Pour préserver ses proches, l’artiste avait alors inventé de toutes pièces une vie de serveur sur un bateau de croisière, un mensonge qu’il a entretenu pendant des années. La vérité n’a éclaté que lorsque ses parents ont découvert cette partie de son histoire en assistant à son spectacle.
Pourtant, de cette épreuve, Bougheraba tire également des leçons positives. C’est dans cet environnement hostile qu’il a pris conscience de son pouvoir : celui de faire rire, n’importe où et n’importe quand. Cette révélation fut l’étincelle qui le conduisit finalement vers la scène.
L’artiste, récemment mis en lumière par des émissions à succès, ne compte pas en rester là. Il a annoncé vouloir poursuivre l’exploration de ce chapitre de sa vie en adaptant son expérience au cinéma, avec un projet de film déjà en préparation.
Après sa série de représentations parisiennes, Redouane Bougheraba prendra la route pour une tournée à travers l’Hexagone et à l’étranger, emportant avec lui ce témoignage aussi intime qu’universel.