Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement annonce une offensive pour accélérer l’indépendance énergétique du pays. L’idée centrale est de mobiliser les recettes fiscales supplémentaires générées par la crise sur les carburants pour financer en priorité l’électrification de l’économie.
Le Premier ministre a donné, ce mercredi, des instructions claires à plusieurs membres de son gouvernement. L’objectif est de réduire drastiquement la dépendance aux hydrocarbures importés, dont les coûts se sont envolés depuis la récente escalade des tensions au Moyen-Orient. Cette urgence est désormais présentée comme une question de souveraineté nationale, dépassant le seul cadre environnemental.
Un plan d’action concret est attendu pour la semaine prochaine. Parmi les pistes avancées figure le développement d’une offre de location de véhicules électriques destinée aux professions mobiles, comme les soignants à domicile, particulièrement affectés par le coût du carburant. Le gouvernement souhaite également faciliter la transition des artisans, tels que les boulangers, vers des équipements électriques, en mobilisant des financements auprès d’institutions publiques et bancaires.
La feuille de route est ambitieuse : il s’agit de faire passer la part des énergies fossiles importées de 60% à 40% d’ici 2030. Pour y parvenir, les ministres concernés doivent proposer des schémas de décarbonation complète des transports dans des zones tests, ainsi que des calendriers pour sortir du gaz dans le parc de logements neufs et sociaux.
Le secteur industriel et maritime est aussi dans le viseur. Des travaux sont lancés pour identifier les procédés qui pourraient être entièrement décarbonés d’ici à 2035 et pour évaluer les capacités nationales de production d’équipements clés comme les pompes à chaleur. Pour la pêche, différentes options technologiques, de l’électrification aux carburants alternatifs, sont à l’étude.
Cette stratégie marque un virage, où les contraintes économiques immédiates sont présentées comme un levier pour financer une transformation structurelle de l’économie. La réponse à la crise du pouvoir d’achat liée à l’essence passerait ainsi par une accélération forcée vers l’électrique.