La 46e cérémonie des Razzie Awards a une nouvelle fois tourné en dérision les productions cinématographiques les plus décevantes de l’année. Deux remakes ont particulièrement capté l’attention négative du jury, dominant un palmarès qui récompense, par l’absurde, les échecs les plus retentissants.
Le conte classique « Blanche-Neige » de Disney, transformé en film en prise de vues réelles, a essuyé de vives critiques. Les polémiques, nombreuses depuis son annonce, ont culminé avec sa sortie. L’interprétation du rôle-titre et une modernisation jugée maladroite du scénario avaient déjà alimenté les débats. Cependant, ce sont les représentations numériques des sept nains qui ont valu au film deux distinctions peu enviables. Décrits comme une tentative ratée et inquiétante, ces personnages générés par ordinateur ont été sacrés pire second rôle masculin et pire duo à l’écran, suscitant des questions sur l’usage dispendieux et peu convaincant de certaines technologies.
Mais le titre suprême de « pire film de l’année » est revenu à un autre géant du divertissement. La plateforme Amazon a vu son adaptation de « La Guerre des mondes » couronnée de cette récompense parodique. Cette version, qui transpose l’invasion extraterrestre à l’ère des visioconférences, a été raillée pour son exécution. Le film, perçu comme une comédie involontaire, a également été pointé du doigt pour son placement de produit jugé grossier, notamment dans un climax mettant en scène ses propres services de livraison. Malgré—ou à cause de—ses défauts, le long-métrage a connu un certain succès d’audience, alimenté par une curiosité malsaine pour son insigne médiocrité.
Parmi les autres « lauréats », on note la distinction de pire acteur pour Ice Cube, star de cette malheureuse « Guerre des mondes ». Les Razzies, créés en 1981 comme un antidote à l’autocélébration hollywoodienne, continuent ainsi de distribuer leurs prix à la veille des Oscars, offrant un contrepoint humoristique et sans concession à la grande nuit du cinéma.