accueil Faits diversLes établissements de nuit tournent la page des feux de Bengale après la tragédie de Crans-Montana

Les établissements de nuit tournent la page des feux de Bengale après la tragédie de Crans-Montana

par Sylvain Tronchet
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La scène était un classique des nuits festives : des serveuses parcourant la piste de danse, brandissant haut ces bâtons étincelants dont les gerbes de lumière illuminaient les visages. Symbole d’ambiance, le feu de Bengale semblait indissociable de la vie nocturne. Un symbole désormais éteint dans un nombre croissant de bars et de discothèques, qui choisissent de les bannir définitivement de leurs établissements.

Cette décision radicale fait suite à l’incendie dévastateur survenu à Crans-Montana, dont ces artifices pourraient être à l’origine. La prise de conscience est immédiate et se propage à travers le pays. À Cognac, dans le bar Le Cosy, le propriétaire Olivier Maury a jeté à la poubelle un stock de 300 unités. « C’est terminé, par sécurité. Nous ne voulons plus en utiliser », affirme-t-il, expliquant avoir opté pour des bâtons lumineux en mousse, inoffensifs, afin de rassurer sa clientèle et de « faire un pas en avant ».

Cette initiative, loin d’être isolée, devient un mouvement. Sur les réseaux sociaux, des dizaines d’établissements annoncent tour à tour l’abandon de ces produits. À Saint-Lô, le Milton Club avait pris les devants il y a six mois, après qu’un client se soit blessé à la main. La direction a immédiatement remplacé les bougies scintillantes par des alternatives LED. « Il n’y a aucun risque, cela ne chauffe pas », précise Nicolas Olivier, cogérant de la discothèque.

Pour les habitués, ce changement est perçu comme une évidence salutaire. « C’est mieux, ainsi rien ne peut prendre feu. Cela devrait être arrêté dans tous les bars », confie une cliente. La psychologie du public a évolué : ce qui était perçu comme un accessoire de fête est désormais associé à un danger potentiel.

Face à cette vague de retraits volontaires, certaines voix syndicales s’élèvent pour demander une interdiction totale de ces bougies incandescentes dans l’ensemble des lieux de nuit. L’objectif est clair : éviter qu’un drame similaire ne se reproduise.

Alors que l’enquête se poursuit sur les causes exactes de l’incendie de Crans-Montana, le monde de la nuit opère sa propre révolution sécuritaire. Un changement de pratiques qui signe peut-être la fin d’une époque, où le spectacle pyrotechnique cède sa place à une illumination plus froide, mais assurément plus sûre.

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