Une étude du service statistique du ministère de l’Éducation nationale vient jeter une lumière crue sur la rémunération des professeurs. Les chiffres sont sans appel : les enseignants perçoivent en moyenne un salaire net annuel inférieur à celui des autres fonctionnaires de catégorie A, pourtant leur équivalent hiérarchique dans la fonction publique d’État.
Les données révèlent une disparité significative. Alors que la moitié des cadres A non-enseignants déclarent toucher plus de 35 000 euros nets par an, cette proportion chute à un tiers chez les professeurs. L’écart est encore plus marqué pour les femmes, seulement 27% des enseignantes franchissant ce seuil, contre 44% dans les autres corps de la fonction publique.
Cette inégalité persiste même en tenant compte de l’âge et de l’avancement de carrière, selon les auteurs de l’étude. Elle corrobore des constats antérieurs, comme celui du Rapport annuel sur l’état de la fonction publique, qui pointait déjà en 2024 un différentiel mensuel de près de 1 000 euros nets au détriment des professeurs.
La comparaison internationale n’est pas plus flatteuse. L’an dernier, l’OCDE rappelait que les enseignants français ayant plus de quinze ans d’expérience affichent des rémunérations inférieures d’environ 16% à la moyenne de leurs homologues dans les pays développés.
Dans ce contexte, l’absence de mesure de revalorisation dans le budget 2026, confirmée par le ministre, risque d’attiser un sentiment d’injustice déjà bien ancré. Les enquêtes d’opinion dressent le portrait d’une profession en souffrance, où près des trois quarts des professeurs déclarent ne pas se sentir reconnus par l’État et hésitent à recommander leur propre métier.
Ce fossé salarial, documenté par les statistiques officielles, pose une question fondamentale sur la valeur accordée à l’enseignement au sein de la fonction publique et sur son attractivité à long terme.