accueil SociétéLecornu plaide pour une alimentation 100% européenne dans les cantines de l’État

Lecornu plaide pour une alimentation 100% européenne dans les cantines de l’État

par Lionel Feuerstein
0 commentaires 4 vues

Le chef du gouvernement a exprimé, ce vendredi, une volonté ferme de réformer en profondeur les pratiques d’achat de la restauration collective publique. Lors d’une visite dans une exploitation agricole de l’Eure, Sébastien Lecornu a déclaré souhaiter que les services de l’État s’approvisionnent exclusivement en denrées alimentaires provenant de l’Union européenne.

« La situation actuelle n’est plus tenable », a-t-il affirmé, pointant du doigt l’idée que des fonds publics puissent financer l’importation de produits agricoles depuis des pays tiers. Il a jugé « inadmissible » que des matières premières parcourant des milliers de kilomètres, avec un lourd impact environnemental, se retrouvent dans les assiettes des cantines publiques.

Le Premier ministre a reconnu un manque de transparence sur l’origine actuelle des achats, évalués entre 900 millions et un milliard d’euros annuels pour les restaurants des administrations, des universités ou de l’armée. Il a indiqué avoir demandé un bilan précis des dépenses effectuées hors des frontières de l’UE, sans avoir encore obtenu de réponse claire.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de fortes tensions avec la profession agricole, particulièrement mobilisée contre l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Les agriculteurs dénoncent régulièrement le non-respect, par les pouvoirs publics eux-mêmes, des engagements en faveur des produits locaux ou issus de l’agriculture biologique.

Pour remédier à cette situation, l’exécutif envisage d’introduire des mesures contraignantes dans la future loi agricole, ainsi que dans les textes sur la décentralisation. L’objectif annoncé est de « reprendre complètement en main la commande publique », avec à la clé un système de récompenses ou de sanctions pour les acheteurs publics en fonction du respect de ces nouvelles règles.

« L’argent du contribuable doit servir à soutenir notre souveraineté alimentaire et nos agriculteurs, pas à importer des produits dont le bilan carbone est désastreux », a conclu le Premier ministre, appelant à une exemplarité absolue de l’État en la matière.

Vous aimerez peut-être aussi