accueil SportLe Trophée des Champions, un match en exil qui divise le football français

Le Trophée des Champions, un match en exil qui divise le football français

par Virginie Pironon
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Ce jeudi, le Koweït accueille la confrontation entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille pour le Trophée des Champions. Une édition qui se jouera, une fois de plus, à des milliers de kilomètres de l’Hexagone, dans un stade où les couleurs des deux clubs risquent de briller par leur absence dans les travées.

La tradition veut que cette rencontre oppose le champion de France au vainqueur de la Coupe de France. Mais depuis 2009, une autre tradition, bien plus contestée, s’est installée : celle de l’exporter systématiquement à l’étranger. Une stratégie commerciale visant à « internationaliser le football français », selon ses promoteurs, mais qui laisse sur le carreau ses supporters les plus fervents.

Les groupes ultras marseillais ont ainsi clairement signifié leur défiance, annonçant un boycott de l’événement qu’ils jugent éloigné de leurs valeurs. Une position soutenue par leur entraîneur, Roberto De Zerbi, qui a publiquement regretté que cette supercoupe ne se dispute pas sur le sol national. Du côté parisien, malgré une offre de voyage organisé, le nombre d’enthousiastes s’est avéré trop faible pour concrétiser le déplacement.

Cette délocalisation chronique n’est pas nouvelle. Le Canada, la Tunisie, les États-Unis ou le Qatar ont déjà servi de décor à ce match, suscitant régulièrement la grogne. Des voix s’élèvent pour dénoncer une logique purement mercantile, qui sacrifierait l’âme et les fidèles du football français sur l’autel de l’audimat mondial. Des supporters nantais avaient, par le passé, fustigé cette « quête effrénée de nouveaux téléspectateurs » tandis que les plus passionnés sont tenus à distance.

Les rares retours en France n’ont d’ailleurs pas totalement apaisé les critiques. L’édition 2023, bien que jouée au Parc des Princes, avait été perçue comme manquant de neutralité par les supporteurs toulousains, rappelant que la polémique dépasse souvent la simple question de la géographie.

Alors que les joueurs s’apprêtent à s’affronter pour un trophée prestigieux, l’ombre d’un débat bien plus large plane sur le stade Jaber Al-Ahmad. Celui de la place réelle des supporters dans le football moderne, tiraillé entre ses racines locales et ses ambitions globales. Un match se gagne en quatre-vingt-dix minutes, mais le fossé qui se creuse avec le public, lui, pourrait prendre bien plus de temps à se résorber.

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