Home Le Sénégal affirme sa couronne africaine au Stade de France, défiant la polémique

Le Sénégal affirme sa couronne africaine au Stade de France, défiant la polémique

by Sylvain Tronchet
0 comments

Face au Pérou en match de préparation, la rencontre de samedi au Stade de France a rapidement dépassé le cadre sportif. L’enjeu était ailleurs : pour les Lions de la Teranga et leurs milliers de supporters, il s’agissait d’une démonstration de force. Malgré la décision controversée de la Confédération Africaine de Football (CAF) de leur retirer officiellement le titre de champion d’Afrique, le Sénégal a choisi de célébrer sa victoire comme si de rien n’était.

Dès leur entrée sur la pelouse, les joueurs arboraient un maillot frappé de deux étoiles, symbole de leur double couronne continentale. Le trophée tant disputé a été présenté sous les ovations d’un public conquis, transformant l’enceinte francilienne en une annexe de Dakar. Les procédures judiciaires en cours et les réclamations marocaines semblaient appartenir à un autre monde.

Dans les travées, l’humour et la détermination s’exprimaient sur les pancartes. « CAF = Football manipulé », pouvait-on lire, tandis que d’autres supporteurs rendaient un hommage ironique à l’attaquant marocain Brahim Diaz, dont le penalty manqué en finale avait été décisif. « On est venus surtout voir la coupe », confiait un spectateur, résumant l’état d’esprit général. Pour cette diaspora, l’essentiel était de savourer un moment historique, indépendamment des querelles administratives.

La fédération sénégalaise a orchestré les festivités avec maestria. Un clip retraçant les moments forts de la finale a électrisé la foule bien avant le coup d’envoi. Plus tard, la légende musicale Youssou N’Dour a rejoint les joueurs sur la pelouse pour un hommage appuyé, le trophée brillant sous les projecteurs. Fait notable : plusieurs joueurs portaient encore fièrement leur médaille de champion, la CAF n’ayant pas exigé leur restitution.

Le gardien Édouard Mendy, bien que forfait pour le match, a incarné cette résilience. Présent dans les tribunes, il a brandi le trophée aux côtés des dirigeants, depuis l’estrade même où l’équipe de France avait soulevé la Coupe du Monde en 1998. « Nous, on a remporté ce trophée sur le terrain. C’est une énorme fierté », a-t-il déclaré, pointant du doigt une instance continentale qu’il estime à la traîne.

Sur le terrain, les joueurs ont donné raison à leurs supporters en s’imposant 2-0, insouciants du tumulte juridique. « Notre équipe n’a pas volé son titre. Nous nous sentirons toujours champions d’Afrique », a affirmé Krépin Diatta après le match. Le gardien Mory Diaw a, quant à lui, glissé avec malice que sa médaille était « bien cachée ».

Alors que le Tribunal Arbitral du Sport doit rendre sa décision dans plusieurs mois, le Sénégal a envoyé un message clair : quelle que soit l’issue des procédures, la légitimité, à leurs yeux, se conquiert sur le gazon. La fête, samedi, n’était pas un adieu, mais une affirmation.