Pour la première fois depuis plus de soixante ans, la célèbre Porte de Versailles à Paris ne résonnera pas des meuglements des vaches lors du prochain Salon International de l’Agriculture. L’événement emblématique, dont la prochaine édition est prévue du 21 février au 1er mars, se déroulera en l’absence totale de bovins, une décision inédite prise par la profession agricole elle-même.
La raison de cette absence massive tient à une épidémie de dermatose nodulaire, une maladie virale touchant le bétail. Par précaution et par solidarité avec les confrères déjà impactés, les éleveurs ont collectivement choisi de ne pas acheminer leurs animaux vers la capitale. Les organisateurs du salon ont exprimé leur profonde déception face à cette annonce, tout en affirmant respecter la position des professionnels.
Interrogée sur les ondes ce week-end, la ministre de l’Agriculture a pourtant assuré que les conditions sanitaires ne justifiaient pas une telle inquiétude. Elle a rappelé que la grande majorité du territoire national était désormais considérée comme libre de la maladie ou engagée dans des campagnes de vaccination préventive. Selon elle, le risque lié à la présence d’animaux sur le salon serait donc minime.
La ministre a également pointé du doigt l’influence de certains appels au boycott, qu’elle a qualifiés de politiquement motivés et contre-productifs. Elle a tenu à souligner que le Salon de l’Agriculture était avant tout la vitrine et l’affaire des agriculteurs eux-mêmes, et non celle de l’État.
Malgré ces assurances, la décision des éleveurs est ferme. Elle marquera ainsi l’édition 2026 d’un vide symbolique, transformant cette grand-messe annuelle du monde rural en un événement sans la présence de ses principaux acteurs à quatre pattes, pour le plus grand regret des visiteurs habitués à ce rendez-vous incontournable.