accueil FranceLe permis B financé par le CPF : une porte qui se referme pour les actifs

Le permis B financé par le CPF : une porte qui se referme pour les actifs

par Anaïs Hanquet
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Une décision gouvernementale vient de redéfinir radicalement les conditions d’accès au financement du permis de conduire. Désormais, seuls les demandeurs d’emploi pourront utiliser leur Compte Personnel de Formation (CPF) pour obtenir le précieux sésame, excluant de fait des centaines de milliers de salariés et d’apprentis. Parallèlement, l’aide spécifique de 500 euros destinée aux apprentis disparaît purement et simplement.

Cette restriction, actée dans le cadre du budget et adoptée via une procédure accélérée, suscite une levée de boucliers immédiate. Le permis B était devenu, depuis son éligibilité en 2019, la formation la plus plébiscitée sur la plateforme du CPF, représentant près d’un quart des financements. Pour de nombreux Français, il constituait un levier essentiel vers l’emploi ou le maintien dans l’activité professionnelle.

Les critiques fusent de toutes parts, dénonçant une mesure génératrice d’inégalités. Les représentants des auto-écoles et des associations d’automobilistes pointent du doigt une « fracture sociale » criante. Ils estiment que cette réforme pénalise injustement les travailleurs – ouvriers, aides à domicile, intérimaires – qui cotisent pour le CPF mais en sont désormais privés, alors qu’ils dépendent souvent de la voiture dans des territoires mal desservis par les transports.

La colère est particulièrement vive concernant les personnes en situation de handicap, pour qui le permis est souvent synonyme d’autonomie et d’insertion professionnelle. Un directeur d’auto-école s’alarme ainsi d’un « coup d’arrêt total » pour ce public vulnérable, soulignant que le CPF est alimenté par des fonds issus des cotisations, et non par le budget de l’État.

Sur le terrain politique, l’opposition, de l’extrême droite à la gauche, condamne unanimement cette orientation. Les accusations de « mesure punitive » et de « coup porté à la France qui travaille » résonnent, certaines formations y voyant même un motif supplémentaire de censure du gouvernement.

Pour les premiers concernés, le choc est rude. Des témoignages font état d’économies patiemment constituées sur le CPF qui deviennent inutilisables du jour au lendemain, brisant des projets de formation soigneusement mûris. Cette restriction sonne aussi comme un reniement aux yeux de beaucoup, qui rappellent les engagements passés de réduire significativement le coût prohibitif du permis, souvent évalué entre 1 500 et 2 000 euros.

Cette réforme marque un tournant restrictif dans l’accès à la mobilité, posant une question fondamentale : le permis de conduire doit-il rester un droit accessible pour se former et travailler, ou devenir un privilège réservé à certaines catégories de la population ? Le débat, désormais lancé, dépasse largement le simple cadre budgétaire.

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