Une proposition du Medef visant à instaurer un nouveau type de contrat à durée indéterminée, plus facilement rompu par l’employeur, suscite une vive opposition syndicale. La CGT qualifie cette initiative de « provocation » et de « déclaration de guerre » envers les travailleurs, particulièrement les jeunes.
L’idée, évoquée dans des documents internes, consisterait à créer un CDI dont la rupture serait possible sans justification pendant les premières années d’emploi. Une indemnisation progressive, liée à l’ancienneté, serait alors versée au salarié. Ce projet chercherait officiellement à dynamiser l’embauche des jeunes, en s’inspirant notamment de dispositifs étrangers comme le contrat à droits progressifs italien.
Pour la CGT, cette proposition rappelle fâcheusement le Contrat Première Embauche (CPE) de 2006, dont le retrait avait été obtenu après de vastes mobilisations. Le syndicat estime que le Medef « ose remettre le couvert » vingt ans après cet épisode, en proposant un cadre qu’il juge encore plus précaire. Il affirme son refus catégorique de toute négociation intégrant de tels éléments et promet une ferme opposition.
Outre ce « CDI modulable », le Medef avance d’autres pistes pour favoriser l’emploi des jeunes. Parmi elles figurent une réflexion sur l’adaptation du niveau du Smic pour les primo-entrants sur le marché du travail, une flexibilisation des règles sur les contrats à durée déterminée et à temps partiel, ainsi qu’un renforcement des engagements en formation professionnelle.
Ces suggestions sont présentées par l’organisation patronale comme des contributions au débat, destinées à nourrir la réflexion sur le modèle productif. Elles rencontrent cependant d’emblée une hostilité frontale d’une partie du monde syndical, qui y voit une remise en cause des principes fondamentaux de la sécurité de l’emploi.