Une proposition du principal syndicat patronal français suscite une levée de boucliers immédiate du côté des organisations de salariés. Le Medef a émis l’idée d’un nouveau type de contrat à durée indéterminée, dont la particularité serait de pouvoir être rompu plus aisément par l’employeur durant les premières années d’emploi. En contrepartie, l’indemnité de licenciement évoluerait avec l’ancienneté du collaborateur.
Pour la CGT, cette initiative n’est rien de moins qu’une provocation. Le syndicat y voit une résurgence du très controversé Contrat Première Embauche (CPE) de 2006, finalement retiré après de vastes mouvements de protestation. « Vingt ans après la victoire contre le CPE, le patronat récidive avec une version encore plus précaire », a fustigé la centrale dans un communiqué, qualifiant le projet de « déclaration de guerre aux jeunes et aux travailleurs ». La secrétaire générale Sophie Binet a affirmé que la CGT s’opposerait par tous les moyens à toute négociation intégrant de telles mesures.
De son côté, le Medef se défend de présenter un projet abouti, évoquant plutôt des « pistes de réflexion » destinées à alimenter les débats sur l’emploi des jeunes et la compétitivité. L’organisation s’inspire notamment d’un dispositif italien, le « contrat à droits progressifs », qu’elle crédite d’avoir contribué à réduire le chômage structurel transalpin.
Le patronat avance également d’autres suggestions pour fluidifier le marché du travail. Il évoque la possibilité d’adapter temporairement le niveau du SMIC pour certaines catégories de primo-entrants, dans un objectif « d’incitation à l’embauche ». Parmi les autres pistes figurent l’assouplissement des règles sur les contrats à durée déterminée et à temps partiel pour les jeunes, ainsi qu’un renforcement des obligations en matière de formation professionnelle.
Ce débat intervient dans un contexte de réflexion sur le modèle social français, opposant traditionnellement la recherche de flexibilité pour les entreprises à la protection de la sécurité de l’emploi pour les salariés. La proposition du Medef promet de rallumer les braises d’une vieille querelle.