La proposition du Medef d’instaurer un contrat à durée indéterminée spécifique pour les jeunes, assorti d’une période de trois ans durant laquelle l’employeur pourrait y mettre fin à tout moment, a été immédiatement écartée par l’exécutif. Cette mesure, qui prévoyait également un salaire minimum réduit pour cette tranche d’âge, n’est pas à l’ordre du jour.
L’objectif officiel de faciliter l’insertion professionnelle masque mal la résurgence d’un débat ancien et clivant, rappelant le « contrat première embauche » de 2006 qui avait provoqué de vives contestations. Les autorités actuelles ne souhaitent pas rouvrir ce dossier explosif, particulièrement dans un contexte social déjà tendu et à l’approche d’un cycle électoral.
La priorité du gouvernement est actuellement tournée vers l’achèvement des négociations en cours sur d’autres sujets du droit du travail, dont les délais ont déjà été repoussés. Le message adressé aux partenaires sociaux est clair : il est préférable de se concentrer sur les discussions en cours plutôt que de lancer des propositions polémiques susceptibles d’enflammer le débat public.
Plusieurs voix politiques se sont élevées pour dénoncer le principe même d’une rémunération inférieure pour les jeunes effectuant un travail identique à celui de leurs aînés, le jugeant inéquitable. Dans le climat actuel, l’exécutif semble déterminé à éviter toute mesure pouvant susciter une nouvelle mobilisation sociale, privilégiant une approche plus consensuelle sur les questions d’emploi.