Un vent de folie souffle sur Bayeux. Alors que le FC Bayeux, modeste club évoluant en Régionale 1 (6e division), s’apprête à affronter l’Olympique de Marseille en seizièmes de finale de la Coupe de France, toute une ville retient son souffle. La rencontre, délocalisée au stade Michel-d’Ornano de Caen pour accueillir près de 20 000 spectateurs, cristallise les espoirs d’une communauté unie derrière ses couleurs.
Pour Jennifer, habituellement éloignée des terrains de football, l’événement est unique. « J’ai pris un jour spécialement. C’est un moment à vivre en famille, quelque chose d’incrédible pour notre ville », confie-t-elle. Cet enthousiasme est palpable dans les rues, où les commerces arborent drapeaux et affiches à la gloire du club local. Une ferveur qui transcende l’image traditionnelle de Bayeux, souvent associée à sa célèbre tapisserie médiévale. « Cela donne une image très dynamique et actuelle de la ville. Nous ne vivons pas que dans le passé », souligne Sylvain, tenancier d’un café.
Parmi les joueurs portés aux nues, le capitaine Grégoire Delain a découvert avec stupéfaction son portrait géant sur la façade de l’hôtel de ville. « Je pensais à un montage au début, puis les messages ont afflué. C’est surréaliste », avoue-t-il.
Si des centaines de supporters n’ont pas pu se procurer de précieux sésames pour le match, la municipalité a fait le choix de ne pas installer d’écran géant public, préférant encourager les rassemblements dans les bars et restaurants. « Il s’agit aussi de laisser les professionnels bénéficier de l’engouement exceptionnel généré par cette rencontre », explique Arnaud Tanquerel, premier adjoint au maire.
Malgré la nette différence de divisions, un espoir ténu, nourri par les exploits passés de clubs modestes contre l’OM, persiste. « Pourquoi pas créer l’exploit ? », lance Mathis, un jeune supporter. Le défi est immense, mais pour les Bayeusains, le simple fait de vivre cette aventure est déjà une victoire.