L’affaire judiciaire ouverte après le suicide d’une lycéenne de 17 ans à Mitry le Neuf, en Seine-et-Marne, a été classée sans suite. Le parquet de Meaux a estimé que les investigations ne permettaient pas d’établir légalement un harcèlement scolaire, malgré la souffrance évidente de l’adolescente.
Camélia, élève au lycée Honoré-de-Balzac, avait mis fin à ses jours le 13 janvier dernier en se jetant sous un train. Peu avant son geste, elle avait échangé des messages avec sa mère, exprimant son désarroi face à des brimades dont elle se disait victime dans son établissement et son sentiment de ne pas être entendue.
Lors d’une conférence de presse, le procureur de la République de Meaux a reconnu la complexité et la douleur de ce dossier. Il a détaillé qu’un conflit était né en novembre entre la jeune fille et trois de ses camarades, suite à la publication par Camélia d’une conversation falsifiée sur les réseaux sociaux. Bien que le contenu en ait été jugé « anodin », cet épisode a généré des tensions durables au sein du lycée.
Les proches de l’adolescente ont témoigné d’une nette dégradation de son état physique et psychologique dans les semaines suivantes, marquée par une peur palpable. Cependant, l’enquête n’a pas recueilli de témoignages faisant état d’insultes, de menaces ou de violences physiques avérées, que ce soit dans l’enceinte scolaire ou en ligne. Le magistrat a souligné la difficulté à retracer l’escalade qui a conduit à un tel drame, tout en affirmant que la décision de classement avait été mûrement réfléchie.
Cette décision de justice laisse la famille de Camélia avec son chagrin et ses questions. Le parquet a rappelé qu’elle conservait la possibilité de saisir un juge d’instruction pour demander l’ouverture d’une information judiciaire, une voie qui permettrait de poursuivre les investigations.