Près d’une quarantaine de parlementaires se retrouvent face à un choix cornélien. Élus à la tête de leur commune lors des récentes élections municipales, ils vont devoir, dans un délai d’un mois, opter entre leur siège à l’Assemblée nationale et leur nouveau mandat local. La loi sur le non-cumul des mandats les contraint en effet à renoncer à l’une de ces deux fonctions.
Cette situation, consécutive au second tour des municipales, va entraîner un important renouvellement dans les rangs de certains groupes parlementaires. Les députés qui quitteront le Palais-Bourbon seront remplacés par leurs suppléants, sauf dans les cas où ces derniers ne pourraient siéger, nécessitant alors l’organisation d’élections législatives partielles.
Les groupes les plus touchés par ces départs annoncés sont ceux de la Droite Républicaine et du Rassemblement National, avec huit élus chacun ayant remporté une mairie. Parmi les figures emblématiques concernées, le président du groupe UDR, récemment élu maire d’une grande ville du sud, devra ainsi céder son siège de député. Son groupe devra par conséquent se doter d’une nouvelle présidence.
Toutefois, certains élus parviendront à concilier les deux rôles. Des députés, occupant des postes stratégiques comme rapporteur général du budget ou questeure, conserveront leur place au Parlement car la direction de leur municipalité a été confiée à un colistier.
À gauche, plusieurs députés issus de La France Insoumise et du Parti Socialiste ont également conquis des mairies, notamment dans des villes de la métropole lyonnaise et dans le Nord. L’un d’eux a toutefois déjà fait savoir qu’il privilégierait son mandat national.
Du côté de la majorité présidentielle, qui s’était tenue en retrait de la campagne, plusieurs députés ont malgré tout brigué et obtenu des mandats locaux. Un ancien ministre a notamment reconquis une grande ville du sud-ouest. Le groupe MoDem sera également privé de certains de ses cadres, dont un rapporteur général qui prendra les rênes d’une importante ville portuaire de l’ouest.
Ces mouvements vont redistribuer les cartes au sein de l’hémicycle, avec des départs qui affecteront la composition et la direction de plusieurs groupes politiques. L’actualité parlementaire des prochaines semaines sera donc marquée par ces successions et les éventuelles élections partielles qui en découleront, redessinant partiellement le paysage politique de l’Assemblée.