Lorsque le mercure chute brutalement, la surface des étangs et des lacs se transforme en une étendue glacée et trompeuse, attirant les curieux et les amateurs de sensations fortes. Pourtant, cette apparente solidité cache souvent un péril mortel. Récemment, en Vendée, un adolescent de 13 ans a vu la glace céder sous ses pas. Secouru in extremis par les pompiers, il a évité le pire. Les sauveteurs sont formels : sans une intervention rapide, les chances de survie dans une eau glaciale sont infimes.
L’illusion est tenace. Beaucoup pensent, à tort, qu’une couche de glace en bordure est synonyme de solidité sur l’ensemble du plan d’eau. Les services de secours mettent en garde contre ce raisonnement dangereux. Le risque principal ? Une noyade, ou, tout aussi redoutable, une hypothermie sévère qui peut s’installer en quelques minutes seulement.
Face à ce danger, la réglementation apparaît étonnamment poreuse. En l’absence d’arrêté municipal spécifique, il n’existe pas d’interdiction générale de marcher sur un lac gelé. Les forces de l’ordre peuvent mener des actions de prévention, mais rarement de répression, sauf si une mise en danger d’autrui est caractérisée, notamment en présence d’enfants. Certaines communes, conscientes des risques, prennent les devants. Il y a quelques années, Orbey, dans le Haut-Rhin, avait ainsi interdit l’accès à ses lacs, menaçant les contrevenants d’une amende et de poursuites pénales. Des mesures similaires ont été appliquées en Haute-Marne ou en Côte-d’Or.
À l’inverse, d’autres territoires, comme certaines zones du Jura, autorisent et encadrent cette pratique lorsque les conditions le permettent, allant jusqu’à la location de patins. Tout repose alors sur une évaluation rigoureuse de l’épaisseur et de la qualité de la glace, des paramètres qui varient constamment avec la météo.
Les faits divers se multiplient avec la vague de froid. En Meurthe-et-Moselle, une mère et son jeune enfant de deux ans ont dû être secourus après être tombés dans un canal en tentant de récupérer leur chien. L’enfant a été victime d’un arrêt cardiaque. Le même jour, dans le Loiret, ce sont deux adolescents qui ont dû être sortis des eaux glacées. Autant de drames évitables qui rappellent que la beauté hivernale des paysages gelés ne doit pas faire oublier les fondamentaux de la prudence.