Ce lundi marque une étape décisive dans la course aux mairies. Les règles strictes du temps de parole et d’antenne, imposant un principe d’équité entre les candidats, entrent officiellement en vigueur pour les médias audiovisuels et certaines plateformes en ligne. Cette période s’étendra jusqu’au premier tour du scrutin, fixé au 15 mars prochain.
Les Français des quelque 36 000 communes du pays sont appelés à désigner leurs futurs édiles pour un mandat de six ans. Dans les villes les plus importantes, un second tour est prévu le 22 mars en cas de nécessité. Plusieurs dates clés jalonnent désormais le calendrier électoral. Les citoyens ont jusqu’au 4 février pour vérifier ou effectuer leur inscription sur les listes électorales en ligne, délai prolongé jusqu’au 6 février pour une démarche en mairie. Le dépôt définitif des listes de candidats en préfecture, révélant l’ensemble des prétendants, devra quant à lui être finalisé avant le 26 février. La campagne officielle sur le terrain débutera le 2 mars.
Pour suivre cette élection, quelques rappels sémantiques s’imposent. Le terme de « triangulaire », voire de « quadrangulaire », pourrait refaire surface dans de nombreuses communes si plus de deux listes parviennent à se qualifier pour le second tour. Une liste remportant la majorité absolue dès le premier tour se verra attribuer la moitié des sièges du conseil municipal, les autres étant répartis à la proportionnelle. Dans le cas contraire, seules les listes ayant franchi le seuil de 10% des suffrages exprimés pourront se maintenir au second tour, avec la possibilité de fusionner avec d’autres listes ayant obtenu plus de 5%.
Cette édition introduit plusieurs nouveautés. Le mode de scrutin est désormais unifié pour toutes les communes, mettant fin au système de panachage autorisé auparavant dans les villages de moins de 1000 habitants. Par ailleurs, les électeurs parisiens et marseillais devront glisser deux bulletins distincts dans l’urne : l’un pour le conseil municipal (ou de Paris), l’autre pour le conseil d’arrondissement. À Lyon, un troisième bulletin sera nécessaire pour élire les conseillers métropolitains.
Les enjeux politiques sont considérables, à un an d’une élection présidentielle. Dans les grandes villes, la compétition s’annonce intense. Plusieurs maires écologistes sortants, comme à Lyon, Bordeaux ou Strasbourg, devront défendre leurs bilans. L’ouverture de la succession à Paris, avec le retrait d’Anne Hidalgo, promet une bataille serrée. À Marseille, le Rassemblement national nourrit l’ambition de conquérir la ville.
Pour les partis, ce scrutin est un test national. La France Insoumise et le Parti Socialiste se livreront une concurrence attentive, tandis que la droite traditionnelle et la majorité présidentielle placeront beaucoup d’espoirs dans la candidature lyonnaise de Jean-Michel Aulas. Chaque formation politique cherchera à transformer ce rendez-vous local en un tremplin ou, à défaut, à limiter les revers. La campagne pour les urnes de mars est désormais lancée.