Les inégalités liées à l’âge sur le marché du travail affectent de manière disproportionnée les femmes, qu’elles soient en début de carrière ou expérimentées. Ce constat émerge de plusieurs études et témoignages récents, pointant un phénomène systémique où le genre et l’âge se conjuguent pour créer des barrières supplémentaires.
Selon des données officielles publiées fin de l’année dernière, l’âge reste le premier critère de discrimination évoqué par les personnes en recherche d’emploi. Près d’un tiers des actifs les plus jeunes déclarent en avoir été victimes au cours de leur parcours professionnel. Ce phénomène, autrefois principalement associé aux séniors, concerne désormais toutes les générations.
Les expertes du recrutement observent une réalité complexe pour les femmes. Leurs trajectoires professionnelles sont souvent marquées par des interruptions ou des ralentissements, liés notamment à la charge familiale ou à l’accompagnement de proches âgés. Ces parcours, jugés moins « linéaires », peuvent ensuite être pénalisants. Cette dynamique contribue à une autocensure, de nombreuses femmes n’osant pas postuler à certaines fonctions par anticipation de ces obstacles.
La difficulté est palpable lors des retours sur le marché du travail. Pour la tranche d’âge au-delà de 55 ans, le taux d’emploi des hommes reste supérieur à celui des femmes. Lorsqu’elles retrouvent une activité, celle-ci est plus fréquemment à temps partiel, avec les conséquences que cela implique sur les revenus et les perspectives de carrière.
Des témoignages illustrent ces statistiques. Céline, 55 ans, ancienne cheffe de produit, cherche un emploi depuis son licenciement suite à un arrêt maladie. Elle se heurte à des silences ou à des propositions financières inadaptées à son expérience. Marie, 62 ans, cadre bancaire évaluée positivement pendant plus d’une décennie, s’est vue rétrogradée puis licenciée dans un contexte de restructuration, malgré ses efforts continus de formation.
Chez les jeunes diplômés, la perception des discriminations liées à l’âge a fortement augmenté ces dernières années. Au sein des populations issues de formations prestigieuses, ce sont les jeunes femmes qui en font le plus fréquemment état, signalant des remarques dévalorisantes en raison de leur jeunesse. L’écart avec leurs homologues masculins est significatif, suggérant que le facteur genre aggrave la perception et la réalité des préjugés liés à l’âge.
Cette double peine, où l’âge et le genre se superposent, dessine un paysage professionnel où l’égalité des chances reste à construire tout au long de la vie active, nécessitant une prise de conscience et des actions ciblées pour dépasser ces stéréotypes tenaces.