Dans le paysage électoral français, quelques scrutins locaux viennent de connaître une issue pour le moins insolite. À défaut de pouvoir se départager par les voix, c’est la moyenne d’âge des candidats qui a désigné les vainqueurs.
C’est à Val-de-Scie, en Seine-Maritime, que le phénomène a été le plus marquant. À l’issue d’une triangulaire serrée, les deux listes de tête ont obtenu un score parfaitement identique : 642 suffrages chacune. Face à cette égalité mathématique, c’est une disposition méconnue du code électoral qui est entrée en jeu. La loi stipule en effet qu’en cas de parfaite égalité au second tour, la majorité des sièges revient à la liste affichant la moyenne d’âge la plus élevée. Le maire sortant, Christian Suronne, dont les colistiers affichaient une moyenne de 57 ans, l’a ainsi emporté face à sa concurrente, Adèle Bourgis, dont la liste présentait une moyenne de 48 ans.
Cette curieuse règle n’a pas été appliquée qu’en Normandie. Dans le Puy-de-Dôme, à Trémouille-Saint-Loup, une participation record avoisinant les 96% n’a pas suffi à éviter le scénario identique. Après un ballotage serré, les listes de Bruno Eyzat et Julien Moncourier ont dû, elles aussi, s’en remettre au calcul des dates de naissance pour voir l’une d’entre elles l’emporter.
Le cas s’est même reproduit dans des duels sans troisième homme. À Plouasne dans les Côtes-d’Armor, à Barzan en Charente-Maritime et à Versigny dans l’Aisne, les deux candidats restants se sont partagé les voix à parts exactement égales. À chaque fois, c’est le candidat le plus âgé en moyenne avec son équipe qui a décroché la mairie.
Ces situations rappellent que la démocratie locale prévoit des mécanismes pour tous les scénarios, même les plus improbables. Lorsque le suffrage universel ne parvient pas à trancher, c’est finalement le calendrier qui entre en scène, faisant de l’expérience des années un critère décisif là où les pourcentages ont échoué.