accueil PolitiqueL’accord Mercosur pourrait déclencher une révolte parlementaire historique

L’accord Mercosur pourrait déclencher une révolte parlementaire historique

par Fabien Jannic-Cherbonnel
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Une fronde d’une ampleur inédite se prépare au sein des rangs de l’opposition parlementaire. Les députés Les Républicains, traditionnellement mesurés dans leur opposition au gouvernement, brandissent désormais une menace explicite : l’adoption du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur pourrait les pousser à voter une motion de censure, un geste qu’ils ont jusqu’ici largement évité.

La date du 9 janvier constitue un point de tension critique, les États membres étant appelés à se prononcer officiellement sur cet accord commercial controversé. Si la signature par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourrait suivre rapidement, l’attention se focalise sur la position de la France. L’Élysée maintient un flart stratégique, exprimant des réserves sur la protection insuffisante, selon lui, accordée aux agriculteurs européens, tout en laissant entrevoir une possible acceptation sous condition.

Cette ambiguïté ne suffit plus à calmer les ardeurs. Des élus de droite, dont beaucoup représentent des territoires ruraux en proie à une colère grandissante, affirment que la moitié de leur groupe serait prête à franchir le Rubicon et à renverser l’exécutif. « Il n’y a même pas débat », affirme l’un d’eux, soulignant la gravité de l’enjeu. La direction du parti, par la voix de Bruno Retailleau, a officialisé cette ligne dure, avertissant solennellement le président de la République des conséquences d’un vote favorable.

La contestation transcende cependant les clivages habituels. Une rare unanimité parlementaire s’était déjà manifestée fin novembre, tous les groupes ayant voté une résolution appelant au rejet du texte. À gauche, les critiques fusent également, dénonçant un accord qui sacrifierait la souveraineté alimentaire et la dignité des agriculteurs. L’extrême droite accuse quant à elle le pouvoir en place de préparer une « trahison ».

Alors que les ministres européens de l’Agriculture se réunissent à Bruxelles, le gouvernement français tente de temporiser, répétant que « le compte n’y est pas ». Mais le compte à rebours est enclenché. La décision finale de Paris, attendue dans les prochains jours, pourrait bien déclencher une crise institutionnelle majeure, faisant de l’accord Mercosur bien plus qu’un simple traité commercial, mais le catalyseur d’une instabilité politique incontrôlée.

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