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La lutte contre les poupées pédopornographiques s’intensifie avec de nouveaux sites signalés

par Lionel Feuerstein
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La vente en ligne de poupées sexuelles à l’apparence infantile connaît un nouveau coup de projecteur. Ce vendredi, l’association Mouv’Enfants a annoncé avoir porté plainte contre quatre nouvelles plateformes commerciales, dont trois établies sur le territoire français. Parmi elles, une entreprise parisienne proposait des modèles au visage juvénile, vêtus d’uniformes scolaires.

Cette action s’inscrit dans une série de signalements initiée après les révélations concernant des géants du e-commerce. Au total, neuf sites ont été dénoncés aux autorités judiciaires ces derniers mois. Certaines enseignes, déjà dans le collimateur des associations, font l’objet d’enquêtes préliminaires.

Si la majorité des sites incriminés étaient temporairement inaccessibles, des traces de leur activité persistent sur les réseaux sociaux. On y trouve notamment des publicités pour des poupées dont les caractéristiques physiques évoquent sans ambiguïté la minorité.

« Nous sommes tombés sur l’un des pires exemples lors d’une simple recherche internet », dénonce un cofondateur de Mouv’Enfants. L’association réclame non seulement la fermeture de ces boutiques en ligne, mais aussi la mise en place d’une surveillance systématique du web, potentiellement assistée par des outils technologiques, pour empêcher la prolifération de ces produits.

Au-delà de la vente, les défenseurs des enfants pointent un enjeu plus large. La consultation des espaces clients révèlerait des propos alarmants, laissant entrevoir un possible lien entre l’acquisition de ces objets et le passage à l’acte criminel. « C’est une occasion de traquer les prédateurs », estime un militant, qui appelle à mobiliser des moyens d’enquête équivalents à ceux déployés contre d’autres formes de criminalité.

La législation française est pourtant claire : toute représentation sexualisée de mineurs, y compris sous forme fictive ou par le biais de poupées, est interdite. Récemment, un quinquagénaire a été condamné à une peine de prison ferme avec bracelet électronique pour avoir commandé un de ces objets. Parallèlement, une vingtaine d’individus suspectés d’achats similaires sur des plateformes internationales ont été interpellés fin d’année dernière.

Selon des experts juridiques spécialisés, environ la moitié des personnes mises en cause dans des affaires de pédocriminalité auraient préalablement acquis ce type de poupées. Ces chiffres interviennent dans un contexte où les violences sexuelles sur mineurs restent massives et très rarement sanctionnées par la justice, comme le rappellent les dernières études sur le sujet.

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