La classe politique de gauche monte au créneau pour dénoncer avec véhémence ce qu’elle qualifie de marée montante d’attaques racistes et islamophobes ciblant plusieurs maires nouvellement élus. Les parlementaires insoumis, écologistes et communistes pointent du doigt ce qu’ils estiment être un silence coupable du gouvernement et en appellent directement au chef de l’État pour une condamnation sans équivoque.
Lors d’une intervention médiatique à l’Assemblée nationale, le porte-parole du groupe écologiste a sonné l’alarme. Il a fustigé un « déchaînement de haine » à l’encontre de certains élus locaux, un phénomène qu’il juge trop peu relevé et combattu par les autorités. Il a exigé des actions concrètes et vigoureuses pour assurer la protection des édiles visés, réclamant que le président de la République, en sa qualité de garant des institutions, prononce une condamnation ferme et accorde une audience aux maires injustement pris pour cible.
Cette offensive verbale fait suite à une polémique ayant éclaté autour du nouveau maire de Saint-Denis, la personnalité de Bally Bagayoko ayant été l’objet de commentaires ouvertement racistes sur certaines plateformes médiatiques. Si les ministres de l’Intérieur et de la Culture ont finalement exprimé leur soutien à l’élu lundi, cette réaction est jugée tardive et insuffisante par l’opposition.
La cheffe de file des députés insoumis a exprimé sa colère, qualifiant d’inadmissible le mutisme initial du gouvernement. Elle a vivement critiqué l’attitude d’une ministre chargée de la lutte contre les discriminations, lui reprochant son absence de réaction publique pour soutenir l’élu attaqué et condamner le racisme, tout en interpellant également le silence présidentiel.
Du côté communiste, la tonalité est similaire. Le président du groupe parlementaire a dénoncé un « mutisme assourdissant » de l’exécutif face à ce qu’il décrit comme un flot d’insultes racistes déferlant depuis une quinzaine de jours. Il a annoncé son intention d’interpeller le gouvernement lors de la séance hebdomadaire de questions pour exiger une prise de parole plus forte et des actes.
Parallèlement, les écologistes ont réclamé des sanctions à l’encontre des chaînes d’information qu’ils accusent de servir de caisse de résonance à cette haine, exigeant des mesures concrètes contre certains médias. L’ensemble de la gauche parlementaire semble ainsi unie pour pousser l’exécutif à sortir de sa réserve et à prendre publiquement position contre ce qu’elle perçoit comme une dérive inquiétante dans le débat public.