La population française a atteint un nouveau palier au 1er janvier 2026, s’établissant à 69,1 millions de résidents. Cette progression de 0,25% sur un an marque toutefois un ralentissement de la croissance démographique observée récemment.
Cette évolution masque une réalité démographique inédite en temps de paix. Pour la première fois depuis 1944, l’année 2025 a enregistré plus de décès que de naissances sur le territoire national. La dynamique de la population repose désormais entièrement sur l’apport migratoire.
Les chiffres de l’Insee sont sans équivoque : l’accroissement est exclusivement dû au solde migratoire, évalué à +176 000 personnes. À l’inverse, le solde naturel, différence entre les naissances et les décès, est devenu négatif, contribuant à une légère baisse de la population de 0,01%.
L’année dernière, 645 000 nouveau-nés ont vu le jour en France, un chiffre en baisse de 2,1% et le plus bas enregistré depuis la fin du conflit mondial, pour la quatrième année consécutive. Les spécialistes pointent un faisceau de causes à cette tendance : des priorités de vie évoluant au-delà de la parentalité, des contraintes économiques et professionnelles, des défis d’accès au logement, ainsi que des interrogations sur l’articulation entre vie privée et vie professionnelle, voire des préoccupations environnementales.
Cette situation place l’Hexagone dans le sillage d’une majorité de ses voisins européens. Comme le soulignent les démographes, le phénomène d’un solde naturel négatif est déjà une réalité dans la plupart des pays du continent. En 2024, seuls cinq États membres de l’Union européenne affichaient encore un excédent des naissances sur les décès.
Ainsi, la démographie française entre dans une nouvelle phase, où le renouvellement des générations ne suffit plus à assurer la croissance de sa population, un tournant dont les implications sociales et économiques seront à observer dans les années à venir.