Face à une fronde persistante dans les campagnes, l’exécutif a décidé de passer à l’action. Une mesure concrète vient d’être dévoilée pour adresser l’une des principales inquiétudes du monde agricole : la concurrence jugée déloyale de produits importés ne respectant pas les standards européens.
Le gouvernement annonce l’interdiction prochaine, par arrêté ministériel, de l’entrée sur le territoire national de plusieurs fruits en provenance d’Amérique du Sud. La cible : les résidus de pesticides comme le mancozèbe ou le carbendazime, substances bannies dans l’Union européenne mais dont la présence est détectée sur certaines importations. Avocats, mangues, agrumes ou raisins concernés par ces traces se verront désormais refuser l’accès au marché français.
Cette initiative, présentée comme une première étape, s’inscrit dans un contexte de tensions vives et à l’approche d’échéances cruciales, notamment la finalisation attendue de l’accord commercial avec les pays du Mercosur. Les autorités entendent ainsi envoyer un signal fort aux agriculteurs, tout en renforçant les contrôles aux frontières via des brigades spécialisées.
Parallèlement, le dossier épineux du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE, qui alourdit la facture des céréaliers français sur les engrais importés, reste sur la table. Paris plaide pour un allègement significatif, visant un « coût zéro » pour les exploitants, et affirme mobiliser ses partenaires européens pour obtenir un report ou une suspension de cette mesure. Une demande officielle a été adressée dans ce sens à la Commission européenne.
Cette double offensive, sanitaire et fiscale, illustre la volonté des pouvoirs publics de désamorcer la crise tout en défendant une ligne de protection des normes et de la compétitivité des filières agricoles nationales.