accueil SociétéLa France dévoile son plan alimentaire pour 2030 : entre transparence et incitations

La France dévoile son plan alimentaire pour 2030 : entre transparence et incitations

par Lionel Feuerstein
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Le gouvernement vient de publier sa feuille de route pour transformer l’assiette des Français d’ici la fin de la décennie. Ce document stratégique, attendu de longue date, fixe un cap ambitieux mêlant santé publique, justice sociale et impératifs climatiques.

Face à un constat sévère – un quart des émissions nationales liées à l’alimentation, près d’un Français sur six en situation de précarité alimentaire et une part importante de la population en surpoids – les pouvoirs publics entendent agir sur plusieurs leviers.

La transparence devient un maître-mot. Le Nutri-Score, désormais familier sur les produits emballés, devrait être testé dans les rayons de boucherie, de primeurs ou à la coupe, ainsi que dans les restaurants. Une expérimentation de trois ans est prévue. Parallèlement, un nouvel indicateur fait son entrée : un affichage environnemental destiné à éclairer le bilan carbone de nos courses. Ces dispositifs resteront volontaires dans un premier temps.

L’État compte aussi sur l’effet de publication. Une mesure, destinée à devenir contraignante d’ici 2030, obligerait la grande distribution et la restauration commerciale à rendre publics les pourcentages de leurs achats de produits « durables et de qualité ». L’objectif est clair : utiliser la lumière publique comme un aiguillon pour faire évoluer les pratiques, sans imposer de quotas minimaux.

Le marketing alimentaire est dans le collimateur. La stratégie prévoit de réduire l’exposition des jeunes aux publicités pour les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, en s’appuyant sur une charte d’engagement avec les professionnels. Les annonceurs seront encouragés à intégrer le Nutri-Score et l’étiquette environnementale dans leurs campagnes. Le gouvernement brandit toutefois la menace d’une réglementation si les engagements volontaires s’avéraient insuffisants.

La qualité nutritionnelle des repas va être étendue au-delà des cantines scolaires. Pour la première fois, les crèches, les maisons de retraite (EHPAD) et les établissements pénitentiaires devraient voir les repas servis encadrés par des règles similaires.

Les ambitions sont également chiffrées : porter la part des produits issus de l’agriculture biologique à 12% de la consommation alimentaire en valeur, contre 5,4% actuellement.

Enfin, la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui représente près d’un cinquième de la production nationale, sera intensifiée. Les autorités annoncent un renforcement des contrôles et des sanctions chez tous les acteurs concernés, en application de la législation existante.

Ce plan dessine ainsi une stratégie mixte, alternant expérimentations, incitations et menaces de régulation, pour tenter d’infléchir en profondeur les modes de production et de consommation.

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