accueil SociétéLa Faim au Cœur des Campus : Près d’un Étudiant sur Deux Sacrifie son Assiette

La Faim au Cœur des Campus : Près d’un Étudiant sur Deux Sacrifie son Assiette

par Lionel Feuerstein
0 commentaires 2 vues

Une réalité glaçante se dessine au sein de la population étudiante française. Selon une récente enquête menée par l’Union étudiante, la précarité contraint près de la moitié des jeunes à rogner sur l’essentiel : leur alimentation. Près d’un répondant sur deux (48%) admet avoir déjà sauté un repas pour des raisons budgétaires, un phénomène qui devient récurrent pour 23% d’entre eux, plusieurs fois par mois.

Cette privation alimentaire n’est que la partie émergée d’un iceberg de difficultés. Le logement constitue une source d’angoisse majeure pour plus des trois quarts des étudiants, dont sept sur dix endurent des conditions indignes, confrontés au froid, au bruit ou à des nuisibles. L’accès aux soins est également compromis : près de 28% ont déjà renoncé à se soigner pour des motifs financiers, dans un contexte où la détresse psychologique, souvent liée aux soucis d’argent, touche neuf étudiants sur dix.

La situation financière est extrêmement tendue. Un tiers des interrogés déclare disposer de moins de 50 euros par mois après avoir payé son loyer et ses courses alimentaires. Pour près de 10%, ce « reste à vivre » est tout simplement inexistant. Cette précarité pousse une majorité (68%) à dépendre des Aides personnelles au logement (APL), dont le gel annoncé pour 2026 est vivement critiqué. Pour boucler les fins de mois, le travail étudiant n’est souvent pas une solution : parmi ceux qui ont un emploi, 65% estiment que leur salaire ne couvre pas leurs frais de logement ou de scolarité.

Face à ce constat alarmant, l’organisation étudiante tire la sonnette d’alarme et formule des demandes précises. Elle réclame la création d’un revenu d’autonomie universel de 1 288 euros pour les étudiants indépendants fiscalement, ainsi que la gratuité totale de l’université, incluant la suppression des frais de contribution vie étudiante. L’enquête, à laquelle ont répondu plus de 5 200 étudiants entre septembre et décembre 2025, dresse le portrait d’une génération dont les conditions de vie se sont, selon le syndicat, « spectaculairement dégradées », mettant en péril leur santé et leur réussite académique.

Vous aimerez peut-être aussi