accueil FranceLa colère gronde dans les campagnes : les agriculteurs maintiennent la pression malgré les annonces gouvernementales

La colère gronde dans les campagnes : les agriculteurs maintiennent la pression malgré les annonces gouvernementales

par Anaïs Hanquet
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Le monde agricole français ne désarme pas. Alors que le gouvernement multiplie les gestes d’apaisement à la veille de rencontres cruciales à Matignon, les principaux syndicats appellent à une reprise immédiate des mobilisations, jugeant les propositions insuffisantes face à l’urgence de la crise.

Dès ce lundi, de nouvelles actions sont prévues sur le terrain, des blocages d’autoroutes aux manifestations régionales, portées par les Jeunes Agriculteurs et la Coordination rurale. La FNSEA, premier syndicat du secteur, a lancé un appel à une « mobilisation nationale », sans même attendre l’issue de son entretien avec le Premier ministre prévu mardi. La Confédération paysanne, de son côté, a fixé une journée d’actions ciblée au 7 janvier.

Cette détermination s’enracine dans un profond malaise. Les éleveurs bovins sont aux prises avec une crise sanitaire majeure, la dermatose nodulaire contagieuse. Les céréaliers subissent de plein fouet la chute des cours du blé conjuguée au prix prohibitif des engrais. Et sur tous pèse la menace d’une concurrence jugée déloyale, symbolisée par l’éventuelle signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.

Pour tenter de désamorcer la colère, l’exécutif a dévoilé une série de mesures dimanche. Dans une lettre ouverte, le Premier ministre s’est engagé à défendre le budget de la Politique Agricole Commune et à combattre les accords commerciaux « déséquilibrés ». Il a également annoncé, avec la ministre de l’Agriculture, la suspension prochaine des importations de certains fruits et légues d’Amérique du Sud contenant des résidus de pesticides interdits en Europe, sous réserve de l’accord de Bruxelles.

Des annonces accueillies avec scepticisme par la profession. La FNSEA a immédiatement rétorqué qu’aucune de ces déclarations n’apportait de « réponses concrètes aux problématiques de revenus ». Le syndicat réclame une « loi d’exception agricole » pour alléger les contraintes réglementaires et relancer la production. La Confédération paysanne dénonce, quant à elle, une logique de dépendance aux marchés internationaux et exige des « politiques de protection et de relocalisation ».

Si la Coordination rurale affirme attendre le résultat de sa rencontre de lundi soir avec le Premier ministre pour décider de la suite, ses fédérations locales ne restent pas inactives. Des actions sont d’ores et déjà programmées, laissant planer la menace d’une convergence vers Paris en cas d’échec des discussions.

Le message est clair : les paroles ne suffisent plus. Alors que les tracteurs pourraient à nouveau converger vers les axes routiers, le gouvernement est sommé de passer rapidement des promesses aux actes tangibles pour apaiser une profession au bord de la rupture.

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