La position de Jack Lang à la tête de l’Institut du Monde Arabe devient de plus en plus intenable. Alors que son nom apparaît des centaines de fois dans les documents judiciaires liés au dossier du financier Jeffrey Epstein, l’ancien ministre de la Culture maintient sa ligne de défense, une posture qui suscite désormais une vague de critiques au sein même de sa famille politique.
Face aux révélations, Jack Lang se décrit comme irréprochable, affirmant n’avoir jamais été informé des activités criminelles d’Epstein, condamné une première fois dès 2008. Il a même qualifié le milliardaire décédé d’homme « charmant », passionné d’art. Cette caractérisation a provoqué un tollé, plusieurs élus pointant l’indécence de tels termes pour décrire un individu reconnu coupable d’exploitation sexuelle de mineures.
La controverse a des répercussions familiales. Sa fille, Caroline Lang, a choisi de démissionner de la présidence d’un syndicat de producteurs de cinéma après que ses propres liens financiers avec Epstein aient été rendus publics. Ce geste, salué par certains comme « décent », contraste avec l’entêtement paternel.
Au sein du Parti socialiste, les voix s’élèvent pour demander à Jack Lang de « réfléchir à sa démission » afin de préserver l’institution qu’il dirige. L’argument avancé est celui de la protection de l’image de l’IMA, mise à mal par cette association persistante. La fronde dépasse les clivages partisans. D’anciens responsables de l’Institut, comme Renaud Muselier, estiment que sa position est « particulièrement nuisible » et l’enjoignent à partir de son plein gré, « plutôt qu’il ne soit démissionné par la force ».
La pression monte également sur les réseaux sociaux et dans la classe politique au sens large, où son maintien est qualifié de « honte ». Les critiques ne portent pas sur une implication directe dans les crimes d’Epstein, mais sur l’opacité des relations entretenues et sur la maladresse de la communication de l’intéressé, perçue comme un manque d’égards envers les victimes.
Alors que les appels à son départ se multiplient, la question n’est plus de savoir s’il était au courant des agissements du financier, mais s’il peut encore légitimement incarner une institution culturelle majeure, son crédit étant sérieusement entamé par cette affaire. Le temps de la réflexion personnelle semble désormais compté.