Ce lundi marque le début d’une audience très attendue au tribunal correctionnel de Paris. Neuf anciens membres d’une compagnie de CRS doivent répondre d’accusations de violences volontaires, des faits qui remontent à une manifestation des « Gilets jaunes » en décembre 2018. Ils encourent des peines pouvant aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement.
Les événements se sont déroulés en fin de journée du 1er décembre, lors d’une mobilisation décrite par les autorités judiciaires comme particulièrement tendue. Alors que des tensions régnaient aux abords de l’Arc de Triomphe, un groupe de manifestants a cherché refuge à l’intérieur d’un établissement Burger King fermé, situé avenue de Wagram. L’air était saturé de gaz lacrymogènes.
C’est à ce moment que les forces de l’ordre sont intervenues. Selon les éléments du dossier, les fonctionnaires ont reçu l’ordre de procéder à l’évacuation des lieux « le plus rapidement possible », avec autorisation d’employer la force en cas de résistance. Pourtant, les enquêteurs ont établi que les personnes présentes à l’intérieur du fast-food ne s’étaient pas montrées hostiles et n’avaient commis aucune dégradation. Certaines auraient même levé les mains à l’arrivée des policiers.
Malgré cela, l’intervention a dégénéré. Les CRS sont accusés d’avoir frappé à coups de matraque et de pied plusieurs individus qui se trouvaient au sol, sans sommation préalable. Au fil de l’instruction, les autorités hiérarchiques ont ultérieurement reconnu que cette action n’était pas justifiée.
Pour les avocats des parties civiles, ce procès symbolise un tournant dans la manière d’appréhender les débordements survenus durant cette période de contestation. Ils y voient la possibilité de questionner les méthodes de maintien de l’ordre employées à l’époque. La défense des neuf prévenus, quant à elle, plaidera le contexte exceptionnel de cette journée, marquée selon elle par une violence inédite de la part de certains manifestants, et appellera les magistrats à en tenir compte.
Ce dossier s’inscrit dans une série de procédures judiciaires concernant des violences policières alléguées pendant le mouvement des « Gilets jaunes ». D’autres affaires emblématiques, impliquant des blessures graves, doivent être prochainement jugées. L’ouverture de ce procès ravive le débat sur les limites de l’usage de la force par les représentants de l’ordre dans un contexte de manifestations de grande ampleur.