Les patients traités pour la schizophrénie ou des troubles bipolaires peuvent désormais respirer plus facilement. L’approvisionnement en rispéridone injectable, un médicament psychotrope crucial, est officiellement rétabli, mettant fin à plusieurs mois de pénurie qui avaient contraint les autorités sanitaires à prendre des mesures d’urgence.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé ce mercredi le retour à la normale des stocks pour tous les dosages de ce traitement. Cette reprise, assurée par le laboratoire Janssen, est jugée suffisante pour répondre à l’ensemble des besoins des malades et compenser les difficultés persistantes d’autres fabricants. En conséquence, l’agence a levé toutes les restrictions exceptionnelles qui encadraient sa prescription et sa délivrance depuis l’automne dernier.
Cette crise avait été déclenchée par une cascade de problèmes industriels au sein de la filière de production. Après une rupture de stock du laboratoire Teva, liée à des difficultés chez son sous-traitant grec, Janssen avait dû à son tour interrompre sa fabrication le temps de mener des investigations sur un éventuel défaut qualité. Cette double défaillance avait créé une tension aiguë sur l’ensemble du marché européen.
Cette situation illustre les vulnérabilités qui pèsent sur l’accès à de nombreux traitements psychiatriques. D’autres molécules, comme la quétiapine, restent ainsi difficiles à se procurer en pharmacie. Pour les personnes concernées, ces ruptures d’approvisionnement ne sont pas anodines : un arrêt brutal de leur médication peut entraîner une rechute sévère, avec des conséquences potentiellement dramatiques sur leur santé et leur stabilité.
Les experts pointent des causes structurelles à ces pénuries récurrentes, notamment la dépendance à des chaînes d’approvisionnement mondialisées pour les principes actifs et des prix de vente parfois considérés comme trop bas par les laboratoires pour justifier des investissements dans des capacités de production robustes. La résolution de la crise pour la rispéridone apporte un répit bienvenu, mais elle souligne la nécessité d’une réflexion plus large pour sécuriser l’accès à ces thérapies indispensables.