Une famille locataire d’une résidence récente en région lyonnaise tire la sonnette d’alarme après un incident grave survenu dans son appartement. Leur témoignage met en lumière des défauts de construction persistants et une gestion jugée défaillante par le bailleur social.
Le drame a eu lieu en octobre dernier. Alors qu’il ouvrait la porte-fenêtre du salon pour accéder au balcon, l’ensemble vitré s’est soudainement décroché, tombant sur leur fils de huit ans. L’enfant, qui a tenté de retenir la lourde structure, a été conduit aux urgences. Il a subi une entorse, avec pour conséquence une interdiction de sport et la nécessité de suivre des séances de kinésithérapie. « L’angoisse a été immense. Les conséquences auraient pu être dramatiques », confie la mère, encore sous le choc.
Cette famille, installée dans ce logement social depuis 2018, affirme avoir signalé à de multiples reprises la fragilité des charnières des fenêtres au gestionnaire, Alliade. Selon elle, ces alertes répétées, étayées par des échanges écrits remontant à début 2025, n’ont pas donné lieu à une intervention rapide et efficace. Un expert mandaté par le bailleur aurait pourtant confirmé la nécessité de renforcer les équipements. Des travaux ont été réalisés au printemps, mais se sont révélés inefficaces, comme l’attesteraient des photographies montrant des fixations déjà défaillantes quinze jours plus tard.
« Après l’accident, on nous a finalement parlé d’un défaut de construction touchant plusieurs logements de la résidence, avant que le dossier ne semble tomber dans l’oubli », déplore la locataire. Elle insiste sur le fait que des solutions de « bricolage » sont insuffisantes et réclame le renforcement complet des cadres de fenêtres, condition sine qua non pour garantir la sécurité des occupants.
Outre le risque d’accident, la famille subit les conséquences quotidiennes de ces malfaçons : une mauvaise fermeture des ouvrants laissant passer l’air froid. « Nous sommes reconnaissants d’avoir un toit, mais cela ne doit pas signifier vivre dans l’insécurité. Interdire à ses enfants d’ouvrir une fenêtre par peur qu’elle ne leur tombe dessus est intolérable », affirme-t-elle. À la suite de l’incident, un dépôt de plainte a été effectué contre le bailleur pour mise en danger de la vie d’autrui.
Contacté, le groupe Alliade reconnaît avoir été saisi des demandes de cette famille et assure les prendre « au sérieux ». L’organisme attribue le problème des charnières à « l’usure » et précise qu’une nouvelle expertise a été diligentée après l’accident. Quatre logements de la résidence seraient concernés. Le bailleur affirme s’être engagé à procéder à des interventions à titre gracieux avant la fin de l’année dernière et se dit déterminé à ce que les réparations nécessaires soient réalisées « dans les plus brefs délais ». La famille, elle, attend toujours des actes concrets pour retrouver un domicile sécurisé.