accueil SociétéFenêtres défaillantes dans un logement neuf : une famille dénonce un danger pour ses enfants

Fenêtres défaillantes dans un logement neuf : une famille dénonce un danger pour ses enfants

par Lionel Feuerstein
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Une famille locataire d’une résidence récente lance un cri d’alarme après qu’une porte-fenêtre se soit brutalement décrochée, tombant sur leur enfant. Cet incident grave met en lumière des défauts de construction persistants et une lenteur administrative qu’ils jugent inacceptable.

Amélia, mère de trois enfants installée à Francheville, près de Lyon, vit dans l’angoisse depuis son emménagement en 2018 dans un logement social flambant neuf. L’épisode le plus traumatisant s’est produit en octobre dernier. Alors que son fils de huit ans ouvrait la baie vitrée du salon pour accéder au balcon, l’ensemble de la menuiserie s’est subitement détaché du mur, s’abattant sur l’enfant. Le garçon, qui a tenté de la retenir, a été conduit aux urgences. Son bilan : une entorse, un mois sans sport et des séances de kinésithérapie. « L’issue aurait pu être tragique », confie la mère, encore sous le choc.

Ce drame n’est malheureusement pas un accident isolé, mais le point culminant d’années de signalements restés sans suite efficace, selon le récit des locataires. La famille affirme avoir alerté à de multiples reprises leur bailleur social, Alliade, sur l’instabilité inquiétante des charnières des fenêtres. Malgré des échanges documentés remontant à février 2025 et l’intervention d’un expert confirmant la nécessité de travaux de renforcement, les réparations effectuées au printemps se sont révélées inefficaces. Des photographies montrent que les fixations ont cédé à peine quinze jours plus tard.

« Après l’accident, on nous a finalement reconnu un défaut de construction, mais depuis, c’est le silence radio », déplore Amélia, excédée. Elle insiste sur le fait que des rustines de « bricolage » ne suffisent pas et réclame une remise à niveau complète des cadres de toutes les ouvertures, condition sine qua non pour garantir la sécurité des occupants. Outre le danger immédiat, ces défauts entraînent des infiltrations d’air, dégradant le confort et la performance énergétique du logement.

« Être locataire d’un logement social ne signifie pas que notre sécurité et celle de nos enfants soient négociables », martèle-t-elle. Elle rappelle que payer un loyer, même modéré, pour un T4, donne droit à un habitat décent et sûr. Lassée par l’inertie, la famille a décidé de porter plainte contre le bailleur pour mise en danger délibérée et négligence.

Contacté, le groupe Alliade reconnaît avoir été saisi des demandes de cette famille et assure prendre la situation « au sérieux ». La société explique que les problèmes de charnières seraient liés à « l’usure » et non à un vice de construction initial, une version contestée par les locataires qui étaient les premiers occupants des lieux. Suite à l’incident de l’automne, une nouvelle expertise a été commandée. Quatre logements de la résidence seraient concernés. Le bailleur affirme s’être engagé à procéder à des interventions gracieuses en décembre et se dit déterminé à faire exécuter les réparations « dans les plus brefs délais », sans pouvoir fournir à ce jour de preuve de leur réalisation effective.

Cette affoire soulève des questions cruciales sur le contrôle qualité des constructions neuves et la réactivité des gestionnaires de parc social face à des dysfonctionnements mettant en péril l’intégrité physique des résidents.

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