L’ancien ministre et député de l’Oise, Éric Woerth, a été désigné à la présidence du conseil d’administration du Pari Mutuel Urbain. Sa nomination, intervenue ce vendredi, reste soumise à l’avis de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.
Cette décision marque l’aboutissement d’un processus de plusieurs mois visant à stabiliser la gouvernance de l’institution. Woerth succède à Joël Séché, qui assurait l’intérim depuis le départ de Richard Viel. Sa désignation est le fruit d’une proposition conjointe des sociétés mères du PMU, France Galop et la SETF, avec l’aval des ministères de l’Agriculture et des Comptes publics.
La mission de l’ancien ministre s’annonce cruciale. Depuis septembre dernier, il était déjà chargé d’élaborer le « Pacte PMU 2030 », une feuille de route destinée à moderniser en profondeur la filière hippique. Son arrivée à la tête du conseil d’administration doit lui permettre d’incarner et de conduire directement cette mutation, en étroite collaboration avec le directeur général, Cyrille Giraudat.
Le contexte est celui d’une période charnière pour l’opérateur historique des paris sur les courses. Fondé en 1930, le PMU, un groupement d’intérêt économique, traverse des turbulences financières liées à l’érosion des paris hippiques. Ces difficultés ont même généré des tensions entre ses actionnaires historiques. Les bénéfices nets, qui s’élevaient à 837 millions d’euros l’an dernier et sont répartis à parts égales pour soutenir la filière et ses 40 000 emplois, sont sous pression.
La réponse de l’État a été le lancement d’un vaste plan de rénovation. Un récent rapport de l’Inspection générale des finances a acté la nécessité de réformer la gouvernance et de faire évoluer le statut du PMU vers celui d’un GIE à vocation commerciale. C’est dans ce cadre exigeant, entre tradition hippique et impératifs de modernisation, qu’Éric Woerth devra désormais exercer ses nouvelles fonctions.