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Discrimination au logement : près d’une agence sur deux cède à des demandes racistes

par Lionel Feuerstein
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Une enquête choc révèle l’ampleur des pratiques discriminatoires dans le secteur immobilier. Près de la moitié des agences sollicitées acceptent ou facilitent des sélections de locataires sur des critères raciaux, selon un testing réalisé en 2025 par l’association SOS Racisme.

L’opération a consisté à contacter 198 agences, issues de grands réseaux et de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Des militants se sont présentés comme des propriétaires désireux de louer leur bien, en exigeant explicitement des candidats « de type européen » pour éviter des « problèmes de voisinage ».

Les résultats sont sans appel : 96 agences, soit 48,5%, ont répondu favorablement à cette demande illégale. Parmi elles, la moitié a accepté de procéder elle-même à la sélection discriminatoire, tandis que l’autre moitié s’est montrée complice en permettant ou en encourageant le propriétaire à le faire. Seulement 102 agences (51,5%) ont fermement refusé et rappelé l’interdiction de toute discrimination.

Face à ces chiffres, la ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations a reconnu que « le chemin est encore long ». Elle a annoncé la mise en place prochaine, par décret, d’une formation obligatoire sur les discriminations pour l’ensemble des agents immobiliers, et non plus seulement pour les détenteurs d’une carte professionnelle. Elle a pointé l’insuffisance des dispositifs actuels, trop souvent suivis uniquement « par ceux qui sont déjà convaincus ».

Le président de la Fnaim a qualifié ces pratiques de « véritable fléau », condamnant des tendances déjà connues. Il a plaidé pour une double approche, mêlant « formation et sanction », afin d’élever le niveau de la profession.

Cette troisième campagne de testing menée par SOS Racisme depuis 2019 ne montre aucune amélioration par rapport à l’édition de 2022, confirmant une inquiétante persistance des comportements illégaux. L’association appelle désormais les parlementaires à « parler haut et fort » et à agir contre ces « ruptures d’égalité » qui entravent l’accès au logement.

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