accueil SportDeux mois avant le Mondial : les états des lieux contrastés des Bleus en 2014, 2018 et 2022

Deux mois avant le Mondial : les états des lieux contrastés des Bleus en 2014, 2018 et 2022

par Virginie Pironon
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À l’approche de la Coupe du Monde 2026, l’équipe de France s’apprête à disputer son dernier test face à la Colombie. Ce match clôt une période de préparation où Didier Deschamps a affiné ses options, avec un groupe dont les contours principaux semblent déjà bien définis. Seules quelques places, comme celle de latéral gauche, restent à confirmer. Cette relative sérénité contraste fortement avec les situations beaucoup plus incertaines ou chaotiques qui prévalaient à la même période avant les trois précédents Mondiaux.

En 2022, la préparation fut singulière et perturbée. Le tournoi, décalé en novembre en raison des conditions climatiques qataries, s’est déroulé en pleine saison de clubs. Le dernier rassemblement avant la compétition eut lieu en septembre, laissant place à des rencontres de Ligue des Nations plutôt qu’à des matchs amicaux traditionnels. Les Bleus conclurent cette fenêtre internationale sur une défaite inquiétante face au Danemark (0-2), dans un contexte marqué par une cascade de blessures parmi les cadres. Pogba, Kanté, Benzema et d’autres manquaient à l’appel, obligeant Deschamps à bricoler. Paradoxalement, cette adversité n’empêcha pas l’équipe, profondément remaniée, de se construire au fil du tournoi pour atteindre la finale.

Quatre ans plus tôt, en mars 2018, le tableau était différent. Après un match amical décevant contre la Colombie (défaite 3-2), les Bleus se rassurèrent face à la Russie (victoire 3-1). L’ossature de l’équipe qui irait jusqu’au titre en Russie était déjà perceptible, avec des piliers comme Lloris, Varane, Kanté, Pogba, Griezmann et un jeune Mbappé en pleine ascension. Les principales interrogations portaient sur les couloirs défensifs, où les blessures de Mendy et Digne ouvrirent finalement la voie à Lucas Hernandez, et sur l’animation offensive, qui ne fut précisée qu’en cours de compétition.

La situation la plus contrastée remonte à 2014. Pour son premier Mondial en tant que sélectionneur, Didier Deschamps aligna lors du tournoi brésilien quasiment la même équipe que celle ayant battu les Pays-Bas en mars (2-0), à une exception près. Le Mondial fut marqué par le déclassement de la star Franck Ribéry, finalement forfait, et l’émergence d’Antoine Griezmann, qui fit ses débuts en Bleus lors de ce dernier match de préparation. L’objectif, après le fiasco de 2010, était avant tout de restaurer l’honneur, ce que fit l’équipe en atteignant les quarts de finale.

Ces trois scénarios pré-Mondiaux démontrent qu’il n’existe pas de chemin unique vers la compétition. Entre blessures, incertitudes tactiques et émergences de derniers instants, la période qui précède le tournoi est souvent riche en rebondissements. La relative clarté actuelle est donc un luxe que Didier Deschamps n’a pas toujours connu.

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